«Le système bancaire espagnol reste clé pour le refinancement de l’Etat»

Philippe Mimran, directeur des gestions à La Française AM
Violaine Le Gall

L’Agefi: Les inquiétudes sur l’Espagne peuvent-elles provoquer une nouvelle crise de la dette souveraine?

Philippe Mimran : Depuis quelques jours, les marchés en général et ceux de la dette périphérique en particulier sont à nouveau sous tension. Même s’il est difficile de pointer l’élément déclencheur, l’extension a minima du Mécanisme européen de stabilité la semaine dernière, couplée aux inquiétudes renouvelées sur la capacité de l’Espagne à réduire ses déficits sont des éléments importants de cette tension. Le marché reste très sceptique sur l’avenir budgétaire espagnol et, une fois le problème grec traité (de façon partielle et momentanée), l’Espagne est clairement en première ligne. L’effet du LTRO s’estompant, à l’approche d’élections importantes en France et en Grèce, la situation espagnole est effectivement inquiétante d’autant plus que les dernières émissions espagnoles ont été massivement placées auprès des banques locales. A court terme, le système bancaire espagnol reste donc clé pour le refinancement de l’Etat. De mauvaises surprises sur les besoins de recapitalisation pourraient provoquer un stress sur les marchés aussi intense qu’à l’automne dernier. Mais en l’état, la défiance actuelle devrait être contenue.

A quel moment la BCE pourrait à nouveau baisser son taux directeur d’après vous?

En théorie, la BCE serait en mesure de baisser son taux directeur à n’importe quel moment cette année. Néanmoins, l’utilité de cette mesure hautement symbolique reste limitée. En pratique, les taux de marché sont déjà bien en deçà avec un Eonia autour de 0,35% et un Euribor 3 mois vers 0,75 %. Cette baisse des taux n’aurait que peu d’impact.

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