Le succès des obligations convertibles n’est pas exempt de paradoxes
«Les obligations convertibles restent un substitut attractif aux actions européennes.» Pour l’Union Bancaire Privée, la baisse des marchés a créé de très belles opportunités pour ces titres hybrides. «Les spreads de crédit se tendent de nouveau, la volatilité implicite des obligations convertibles a fortement baissé et celle des options a augmenté. Et le profil de risque s’est réduit avec la baisse du delta», souligne la banque privée.
Déjà en 2007, les convertibles ont crevé l’écran avec 38,5 milliards de dollars (via 72 opérations), soit plus du triple des volumes atteints un an plus tôt.
Pourtant, ce succès n’est pas sans étonner si l’on regarde les statistiques de plus près. A priori, les investisseurs sont séduits par la sécurité qu’offrent les convertibles tout en laissant la possibilité de profiter de la hausse de l’action. Or, en étudiant les émissions réalisées entre 1992 et 2006, Standard & Poor’s s’est aperçu que les taux de conversion étaient à peine de 54%. Une proportion qui tombe même à 46% si l’on regarde les volumes d’émission (228,6 milliards de dollars) et non plus le nombre d’émissions.
Plus surprenant encore, l’agence souligne que le taux de conversion baisse lorsque les marchés actions grimpent et inversement. Ainsi, lorsque le S&P 500 fluctuait entre 1.300 et 1.500 points en 2000, le taux de conversion n’était que de 35%. Taux qui est remonté à 55% en 2002 alors que l’indice venait flirter avec les 800 points.
Faut-il y voir un comportement irrationnel ? Plutôt que de parler de corrélation inversée, l’agence suppose un phénomène de décalage. «Il peut y avoir des délais à respecter avant de procéder à la conversion», souligne-t-elle. Ce qui peut expliquer que la hausse du taux de conversion ne soit pas concomitante à celle des marchés. A l’inverse, «une augmentation des taux de conversion en période de baisse des marchés peut être le résultat de l’obligation faite à certains investisseurs de procéder à des conversions (les statistiques ne distinguent pas les conversions obligatoires des conversions régulières)».
Peut-être certains gérants ne s’intéressent-ils enfin qu’au caractère obligataire des convertibles afin de sécuriser leur performance. Certes, l’obligataire pur offre de meilleurs rendements. Mais les fonds actions ont souvent des limites imposées dans ce domaine.
Plus d'articles du même thème
-
VanEck cote un ETF dédié à l'infrastructure physique qui entoure le développement de l'IA
VanEck cible l'infrastructure physique de l'IA, alors que les dépenses mondiales en data centers devraient dépasser 750 milliards de dollars cette année. -
PFA échoue à exiger de Meta plus de protection des enfants
A l’occasion de l’assemblée générale annuelle de Meta, le fonds de pension danois a déposé une résolution visant à engager le géant de la tech à faire davantage en matière de protection des enfants sur les réseaux sociaux. La résolution n’a pas fait l’unanimité. -
Princeton revient sur le désinvestissement de ses pétrolières et fixe un objectif net zéro à 2046
Le fonds de dotation de l’université américaine Princeton abandonne le désinvestissement volontaire des sociétés pétrolières et gazières cotées adopté en 2022 et se fixe un horizon à 2046 pour atteindre la neutralité carbone de son portefeuille de 36,4 milliards de dollars. -
Nest alloue 200 millions de livres à une stratégie de dette d'infrastructure liée au climat
Le master trust britannique engage 200 millions de livres sterling dans une stratégie mondiale de crédit orientée vers la transition climatique, avec un pipeline déclaré au Royaume-Uni. -
Emergence Défense rejoint le manifeste ProMilès de soutien aux armées
La Sicav de place Emergence, qui réunit 21 investisseurs institutionnels et porte un compartiment de capital-investissement dédié à la défense, a signé mardi 2 juin le manifeste ProMilès aux Invalides. -
Nordea AM lance son premier fonds systématique obligataire
La stratégie est notamment gérée par Lucette Yvernault et Marton Huebler, qui sont arrivés en octobre dernier.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
Contenu de nos partenaires
-
ConcurrenceRoberto Vannacci, le caillou dans la chaussure (de droite) de Giorgia Meloni
Avec son parti, l’ancien général séduit des électeurs déçus par la normalisation de la coalition au pouvoir. La Présidente du Conseil est face à un dilemme explosif : l’embarquer ou le laisser prospérer avant les législatives de 2027 -
Emploi ou retraiteCumul emploi-retraite : pourquoi des députés et DRH dénoncent une réforme contre-productive
Alors qu’elle vise à inciter les seniors à rester en emploi, des opposants de plus en plus nombreux à cette réforme affirment qu’elle produira l’effet inverse -
Violences après le sacre européen du PSG : Lecornu veut faire payer « celui qui détruit »
Mardi 2 juin, Sébastien Lecornu a dénoncé les débordements survenus après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. « Un auteur d'un acte de violence ou de dégradation doit pouvoir réparer », a affirmé le Premier ministre à l'Assemblée nationale