Le spectre du défaut américain s’éloigne
Un accord semblait se dessiner pour relever le plafond de la dette hier alors que dans une semaine exactement, l’Etat américain risque de faire défaut car il aura utilisé tous les moyens qui étaient en son pouvoir pour ne pas briser ce plafond. Hier, le président de la chambre des représentants, le républicain John Boehner (photo), a proposé de relever le plafond de la dette américaine pour un temps réduit, de façon à résoudre le conflit budgétaire qui a conduit à la fermeture partielle de l’administration (shutdown).
Après avoir présenté le projet aux élus, John Boehner devait conduire une délégation à la Maison blanche pour tenter de trouver un consensus. Selon Bloomberg, l’élu propose de relever le plafond de la dette pour six semaines mais ne propose par de mettre fin au shutdown.
La Chambre «veut aujourd’hui offrir au président la possibilité de faire un geste» et lui demande «de bien vouloir s’asseoir et discuter avec nous pour trouver une porte de sortie», a-t-il déclaré. «Nous ne laisserons pas une faction de républicains de la chambre des représentants tenir l’économie en otage avec des demandes politiques extrêmes et superflues», a réagi la Maison blanche dans un communiqué.
En dépit de cette prudence, les marchés actions ont bien réagi à l’annonce d’une proposition de compromis. Le S&P 500 augmentait de 1,7%, soit sa plus forte hausse depuis janvier, le Dow Jones prenait 1,59%, le Nasdaq 1,87% et le Nikkei 1,12%. Le CAC 40 terminait aussi en hausse de 2,21%. La réaction n’a été aussi positive sur les marchés de taux courts. Hier soir, si le rendement des titres d’Etat américains à deux ans se détendait à peine de 0,4 point de base à 0,35%, celui des T-bills 1 mois, le plus sensible à l’hypothèse d’un défaut, se resserrait autour de 0,18%.
Hier, devant la commission des finances, du Sénat, le secrétaire d’Etat au Trésor, Jack Lew, a mis en garde le Congrès contre toute tentation de faire durer les négociations sur le relèvement du plafond de la dette jusqu’au 17 octobre car «un défaut pour la première fois dans notre histoire pourrait faire encourir de graves risques à la stabilité mondiale». A cette date, a-t-il prévenu, le Trésor aura utilisé tous les moyens à sa disposition pour se passer de ce relèvement et il ne lui restera plus que quelque 30 milliards de dollars de cash pour faire face à ses engagements.
«Il est important de noter que le gouvernement doit s’acquitter d’importants paiements juste après le 17 octobre», a-t-il insisté, citant en exemple les sommes dues aux bénéficiaires de la sécurité sociale, aux anciens combattants ou aux militaires en activité.
Le secrétaire d’Etat au Trésor a aussi prévenu qu’il ne considérait pas concevable, comme le suggèrent certains politiques, de hiérarchiser les paiements dont l’Etat devra s’acquitter. «Il est impossible de mesurer les dommages irréparables qu’une telle approche pourrait provoquer pour l’économie et les marchés financiers», a-t-il lancé. «Comment les Etats-Unis pourraient-ils choisir entre subvenir aux besoins alimentaires des enfants et s’acquitter de leurs obligations vis-à-vis des acteurs de santé?».
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