Le soutien aux plans portugais et grec devient de plus en plus délicat
La participation des investisseurs privés aux plans de sauvetage grec et même portugais pourrait être au menu de la réunion des ministres des Finances européens lundi et mardi prochain à Bruxelles. S’agissant de la Grèce, une source proche de la coalition au pouvoir en Allemagne citée mardi par Reuters a indiqué que les ministres «discutent de réaménagement des prêts de sauvetage et de la possibilité de faire participer le secteur privé sur la base du volontariat». Par ailleurs, à Helsinki, le parti socialiste faisait pression hier pour mentionner cette participation en contrepartie de son soutien au plan portugais de 78 milliards d’euros qui doit être approuvé par les ministres la semaine prochaine.
Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, le Finnois Olli Rehn, n’a pas confirmé hier ces discussions. S’exprimant à l’issue de la réunion du collège européen qui a approuvé le plan d’aide de 78 milliards à Lisbonne, il a toutefois précisé que ce dernier «respectait pleinement le mandat donné à l’unanimité» par les Etats membres à la Commission pour mener les discussions avec les autorités portugaises. «Nous ne sommes pas là d’abord pour sauver les banques françaises et allemandes mais la stabilité financière. Nous sommes tous dans le même bateau», a-t-il ajouté en écho au débat qui fait rage dans son pays.
Les experts de la Commission européenne, de la BCE et du FMI sont par ailleurs en train de réévaluer les besoins de financement grecs, en ligne avec les déclarations du weekend du ministre des Finances George Papaconstantinou selon lesquelles le pays emprunterait encore en 2012 et 2013 à la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF) au lieu de revenir sur les marchés. «En fonction des résultats (de cette mission), nous serons en mesure de décider d’ici à quelques semaines les prochaines étapes», a dit Olli Rehn.
Il a également précisé que, s’agissant du Portugal, le programme comprenait «l’objectif pour le pays de retourner sur le marché avant la fin du programme». Le taux des prêts à Lisbonne serait «supérieur à 5,5% et nettement en dessous de 6%». Pendant ce temps, l'écartement des spreads portugais a conduit mardi LCH.Clearnet à augmenter de 10 points de 35% à 45% l’appel de marge exigé pour les positions longues sur les titres du Trésor portugais pour les opérations de compensation via son service Repoclear.
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