Le sort de la Grèce est suspendu au vote du nouveau plan d’austérité
Les députés grecs doivent se prononcer ce soir sur de nouvelles économies, condition du déblocage d’une tranche d’aide de la Troïka
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Krystèle Tachdjian
Le sort de la Grèce continue de préoccuper. Tous les regards sont tournés vers les députés grecs qui doivent approuver aujourd’hui un nouveau plan d’austérité alors que le gouvernement Samaras agite le risque de défaut du pays comme un chiffon rouge. Le vote de cette loi en procédure d’urgence interviendra ce soir sur fond de grève générale de 48 heures entamée hier.
Exsangue, la population devrait faire entendre sa colère lors d’une nouvelle journée de manifestation dans les rues d’Athènes à l’appel des syndicats. Le plan prévoit entre autres l’allongement de 2 ans de l’âge de départ à la retraite à 67 ans, une baisse des pensions pouvant aller jusqu’à 25%, et la suppression des primes de vacances des fonctionnaires. Ce tour de vis budgétaire supplémentaire d’un montant global 13,5 milliards d’euros s’avère crucial.
Son adoption a été érigée par la Troïka (FMI, Commission européenne et BCE) comme la condition sine qua non au déblocage d’une tranche d’aide de 31,5 milliards d’euros de l’Union européenne et du FMI. L’essentiel de cette somme, qui doit servir à renflouer les banques du pays, s’ajoutera aux quelque 240 milliards d’euros déjà versés à la Grèce depuis 2010. Le déblocage reste également soumis au vote du budget grec dimanche. Le gouvernement semble pouvoir compter sur une étroite majorité pour faire voter son projet.
Mais les économistes mettent déjà en garde. Si les réformes ne passent pas, alors le risque de sortie de la Grèce de l’euro ne tarderait pas à resurgir, soulignent les analystes de Citigroup. Les pays créditeurs qui s’étaient montrés un peu plus compréhensifs ces dernières semaines pourraient de nouveau être amenés à durcir leur position, au premier rang desquels l’Allemagne.
L’accord sur une nouvelle tranche d’aide interviendra «le moment opportun» une fois que la Troïka aura finalisé son rapport sur la situation du pays, a déclaré hier le président du Conseil européen Herman Van Rompuy. Le commissaire européen aux Affaires étrangères a fait savoir de son côté qu’une position commune devra être arrêtée sur la manière de réduire le fardeau de la dette d’ici à la réunion de l’Eurogroupe du 12 novembre.
Malgré les plans d’austérité, la dette publique grecque devrait atteindre 189% du PIB en 2013.
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