Le Sommet européen offre un répit de courte durée aux Etats périphériques
Une bonne surprise, mais pas encore de nature à changer la donne. L’accord inattendu trouvé dès vendredi par les chefs d’Etat européens a offert aux pays périphériques de la zone euro un répit que nombre d’économistes jugent de courte durée. Les rendements espagnols et portugais se sont détendus de 15 à 30 points de base suivant les maturités. Seule l’Irlande est restée à la traîne du mouvement faute d’avoir obtenu, comme la Grèce, un aménagement de ses conditions d’emprunt auprès de l’EFSF, la Facilité européenne de stabilité financière.
Cette dernière apporte la vraie nouveauté du Sommet. L’EFSF a été autorisé à racheter de la dette sur le marché primaire de manière «exceptionnelle et strictement conditionnelle», sans autres précisions. «On peut l’envisager comme un programme de soutien préventif avant qu’un pays ne soit complètement coupé du marché», souligne Gilles Moëc, chez Deutsche Bank. Ce pourrait être une bonne nouvelle pour le Portugal, estime SG CIB, si les mesures d’austérité supplémentaires présentées vendredi par Lisbonne étaient jugées assez strictes pour déclencher les rachats de l’EFSF.
Cette nouvelle option n’a cependant rien d’une solution miracle. «Cela ne suffira pas à endiguer les pressions spéculatives», estime Marco Valli, chef économiste d’UniCredit. «Il est difficile d’imaginer que l’EFSF puisse acheter de la dette sur le primaire au même taux d’intérêt que sa facilité de prêt, alors que les rendements sur le secondaire sont deux fois plus élevés», ajoute Jacques Cailloux, chez RBS. La BCE reste donc pour l’heure l’ultime rempart à une contagion de la crise souveraine grâce à ses capacités d’achat sur le secondaire, qu’elle n’utilise plus.
Plus largement, les économistes déplorent l’absence d’outils de prévention, le flou du Pacte pour l’euro, et rappellent que l’allègement des conditions faites à la Grèce ne représente que 2,5% du PIB sur la durée du prêt. Pour Marco Valli, «seule la capacité des pays périphériques à dégager de larges excédents primaires et la recapitalisation des secteurs bancaires permettront de renverser la vapeur». Pour Jacques Cailloux, «aucune des mesures annoncées ne réduit le risque politique qui affecte un certain nombre de pays, ni les risques pesant sur les émissions des souverains ou des banques». Le clash avec l’Irlande, s’il se confirme d’ici à la fin du mois, pourrait même pousser Dublin à faire payer les créanciers seniors de ses banques.
Plus d'articles du même thème
-
En juin, les investisseurs en ETF continuent de tourner le dos à l’Europe
L’hémorragie s’accélère sur les ETF actions de la zone euro avec près de 2 milliards d’euros de rachats. Un mouvement qui profite aux actions américaines ou internationales. -
Eric Barbarin quitte Nexity pour rejoindre Invested Partners
L’ancien directeur général de Nexity Patrimoine et Valorisation rejoint l’équipe dirigeante d’Invested Partners. Il y est nommé directeur investissements & développements et devient associé. -
Le luxe, le tourisme et le BTP reprennent des couleurs en Bourse grâce à l'accord américano-iranien
La chute du prix du pétrole liée à la perspective de la fin de la guerre au Moyen-Orient fait grimper les marchés en Europe. Certains secteurs en profitent particulièrement. -
Schneider va renforcer son expertise technologique dans l'IA grâce à Foxconn
L’équipementier électrique français a signé un partenariat stratégique avec le groupe électronique taïwanais en vue de développer une nouvelle génération de centres de données. -
La suspension des derniers modèles d'Anthropic illustre les faiblesses de l'Europe
Le gouvernement américain a ordonné à Anthropic, vendredi, de suspendre immédiatement l’accès à ses modèles d’IA Fable 5 et Mythos 5 pour tous les utilisateurs étrangers. Le modèle d’IA devient un actif stratégique pour Washington, au même titre que les puces et les infrastructures. -
Dassault Systèmes place pour un milliard d'euros d'obligations
L'éditeur de logiciels a également annoncé le refinancement de sa ligne de crédit renouvelable, pour un montant total de 750 millions d'euros, arrivant à échéance en octobre 2026.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
Contenu de nos partenaires
-
Guerre en Iran, affaire Lyhanna, présidentielle : l'essentiel de l'interview d'Emmanuel Macron
Avant le début du sommet du G7 à Evian, Emmanuel Macron était l'invité de TF1 ce lundi 15 juin pour évoquer l'actualité internationale et française. -
Le concierge 2.0, chef d’orchestre de l’invisible
Exit l’image feutrée du concierge en livrée derrière un comptoir d’hôtel. A mesure que sa clientèle s’est mondialisée et que la possession a cédé du terrain à l’expérience, le métier a muté. A l’heure de l’IA, les concierges se réinventent en véritables chefs d’orchestre. -
Bardella juge le comportement de Trump « erratique » et « menaçant pour l'Europe »
Dans un entretien à Politico le 15 juin, Jordan Bardella critique le comportement « erratique » de Donald Trump. Le président du RN estime que l’Europe doit se préparer à un possible désengagement américain en matière de défense du continent