Le sommet du G20 est accaparé par la crise européenne
Comme à Cannes en novembre 2011, les chefs d’Etat et de gouvernement du G20, qui se réunissent les 18 et 19 juin à Los Cabos, au Mexique, devraient se concentrer sur la crise européenne.
Les élections législatives en Grèce, qui ont lieu la veille, risquent de mettre de l’huile sur le feu si les partis favorables au plan de sauvetage n’en sortent pas majoritaires. «Il n’y aura pas une catastrophe ou un soleil radieux lundi matin, il faudra laisser les résultats se décanter», cherche à rassurer un officiel français.
Le sommet tombe d’autant plus mal qu’il intervient une semaine après l’annonce du plan d’aide aux banques espagnoles, dont les modalités restent à définir, et quelques jours avant le Conseil européen des 28 et 29 juin. «Nous n’allons pas utiliser le G20 pour discuter entre Européens, ce n’est pas la bonne enceinte», dit la même source. Les Européens préféreraient que les discussions ne se cantonnent pas à la zone euro, et abordent aussi la conjoncture aux Etats-Unis et en Chine. Comme au G8 en mai, la France et les Etats-Unis comptent plaider pour une politique davantage axée sur la croissance, plutôt que sur la discipline budgétaire. Ils retrouveront face à eux l’Allemagne, qui refuse une «croissance achetée à crédit». La France devrait aussi porter les sujets de la lutte contre les paradis fiscaux et de la taxe sur les transactions financières.
Felipe Calderón, le président du Mexique, souhaite l’adoption d’un plan d’action pour la croissance, actualisant celui de Cannes. «Ce qui est vraiment important pour moi est de nous accorder sur un plan d’action à long terme, a-t-il déclaré au Wall Street Journal. En fin de compte, cette situation économique, aussi mauvaise soit-elle, passera.» La France devrait réitérer sa proposition de créer un secrétariat permanent du G20 afin de suivre la mise en œuvre des engagements pris.
Le G20 doit aussi boucler le renforcement des ressources du Fonds monétaire international (FMI). En avril, les ministres des Finances sont convenus de lui apporter 430 milliards de dollars supplémentaires, mais les contributions de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de la Russie et d’autres pays ne sont pas encore connues. Les Brésiliens, entre autres, cherchent toujours à lier leur participation à l’application de la réforme des quotes-parts décidée en 2010, que les Etats-Unis n’ont pas ratifiée.
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