Le Sommet des Quatre affiche un front uni face à la crise boursière

La réaffirmation des principes de transparence masque toutefois des divergences sur le degré d’encadrement souhaitable du système financier
Yves-Marc Le Reour

Face à l’aggravation de la crise financière, le Premier ministre britannique Gordon Brown avait invité hier le chef d’Etat français, la chancelière allemande, le président du Conseil italien ainsi que le président de la Commission européenne. Dans un communiqué commun, les participants se sont prononcés pour une plus grande transparence des marchés, des institutions et des instruments financiers, une amélioration de l’information, notamment sur les produits structurés, et la «divulgation prompte et complète des pertes des banques et autres institutions financières». Ils souhaitent aussi l’amélioration des systèmes «d’alerte précoce» et l'élaboration de normes pour «améliorer la gestion internationale du risque de liquidité». Ils ont enfin appelé à un renforcement du rôle du FMI en soulignant leur «engagement envers une économie mondiale ouverte».

La réaffirmation de ces principes généraux a permis d’afficher une unité apparente qui masque des divergences persistantes, au moment où les 4 gouvernements semblent fragilisés. Tandis que Gordon Brown paie encore le prix politique de l’effondrement de la banque Northern Rock, la CDU d’Angela Merkel est en recul en Basse-Saxe et en difficulté dans la Hesse après les élections régionales de dimanche. La démission de Romano Prodi a d’autre part plongé l’Italie dans une nouvelle crise politique, alors que Nicolas Sarkozy est lui confronté à la crise de la Société générale, sujet sur lequel il a d’ailleurs été peu loquace, car a-t-il dit, «on n’en a pas parlé en détail (…); et je n’ai pas de commentaire à faire puisque l’Etat n’est pas actionnaire de la Société générale».

Si Nicolas Sarkozy, Romano Prodi et José Manuel Barroso sont plutôt en faveur d’un cadre réglementaire contraignant et unique dans l’UE avec un encadrement plus sévère des agences de notation, Gordon Brown et Angela Merkel sont jusqu’ici opposés à la mise en place d’un système par trop contraignant. Le premier défend la création d’un système d’alerte précoce, une amélioration des informations et un rôle accru du FMI, la seconde plaidant pour l'élaboration de codes de conduite. Autant d'éléments que l’on retrouve dans le communiqué, lequel pose pour principe que «la responsabilité fondamentale pour la gestion des risques est et doit rester du ressort des institutions financières individuelles et des investisseurs».

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