«Le segment high yield a moins profité de la baisse des taux»
L’Agefi: Comment expliquer la bonne performance du segment investment grade depuis le début de l’année?
Julien Daire: Autour de 6,5%, la performance du segment investment grade est bien meilleure que celle qu’on aurait pu escompter en début d’année. Une fois n’est pas coutume, elle est même meilleure que celle du high yield (autour de 5,5%). Cependant, deux tiers de la performance vient de celle des taux euro qui ont fortement baissé depuis le début de l’année avec la politique très proactive de la BCE. Le complément de performance vient du resserrement des spreads de crédit d’environ 20 points de base. En effet, la classe d’actifs a pleinement profité de l’appétit des investisseurs pour le rendement dans un univers de taux de plus en plus bas. En particulier, il faut souligner qu’une bonne partie de ce resserrement provient du segment périphérique (70pb sur les financières et 30pb sur les corporates).
Qu’est-ce qui explique que la performance du segment high yield soit en retrait et quelles sont vos perspectives d’ici à la fin de l’année?
Ayant une duration moyenne plus faible, le segment high yield a moins profité de la baisse des taux. De plus, il semble que l’afflux d’émissions primaires (niveau record autour de 80 milliards d’euros depuis le début d’année) ait pesé sur le marché, limitant le resserrement des spreads sur le secondaire. Cependant, dans un environnement de rendements obligataires au plus bas (conséquence du package BCE), le high yield garde un avantage de taille: son rendement autour de 4%! Ainsi, dans un contexte de taux de défaut attendu sur des niveaux bas, les investisseurs devraient continuer de rester investis sur la classe d’actif.
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