Le segment du haut rendement garde du potentiel
Après une année 2009 historique sur les obligations high yield (en hausse de +63%) et une belle progression en 2010 (+12%), certains peuvent légitimement se demander s’il reste encore du potentiel sur cette classe d’actifs et si la prime de risque actuelle intègre vraiment l’ensemble des risques potentiels. Le graphique ci-contre montre que les niveaux de spreads, après avoir atteint un niveau historique à l’automne 2008, ont ensuite fortement chuté. Même s’ils sont aujourd’hui revenus à un niveau nettement inférieur à celui du début 2009, ils n’en restent pas moins encore proches de ceux prévalant en 1998 lors des événements de LTCM ou de la crise russe. Alors que depuis douze mois, les taux de défaut ne cessent de baisser et les taux de recouvrement de remonter - reflétant la nette amélioration des fondamentaux des entreprises, leur désendettement et la hausse des cash flows - la prime de risque globale ne baisse que modérément.
Ce paradoxe semble lié aux inquiétudes des investisseurs quant aux incertitudes persistant sur l'évolution de la situation macroéconomique (impact du risque souverain et des mesures d’assouplissement quantitatif, niveau élevé du chômage et situation de l’immobilier aux Etats-Unis). Mais si le scénario de «double creux» ne peut être totalement écarté, il est cependant probable qu'à un moment ou un autre, le marché finira par être davantage guidé par les éléments fondamentaux des entreprises que par des facteurs macro-économiques, s’alignant notamment sur la forte baisse des taux de défauts (2,2% anticipés par Moody’s à horizon 12 mois). Dès lors, le rally sur ce segment du marché devrait reprendre, permettant ainsi de ramener les niveaux de spreads dans une zone de 300 à 400 bp contre 600 bp actuellement.
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