Le secteur manufacturier japonais reste très prudent sur l'évolution de l’activité
L’indice Tankan mesurant la confiance des grandes entreprises manufacturières japonaises publié ce matin par la Banque du Japon (BoJ) est resté inchangé à -4 points à fin mars, alors que le consensus Bloomberg s’attendait à un léger rebond à -1 point. L’affaiblissement du yen ainsi que le rebond des marchés actions n’ont pas réussi à améliorer les anticipations des géants manufacturiers du pays qui restent pessimistes avec un indice anticipé à -3 points à la fin du mois de juin. «L’enquête du tankan montre que les chefs d’entreprise pensent qu’il faudra du temps pour que l’économie retrouve son rythme potentiel» estime Hideo Kumano, chef économiste chez Dai-Ichi Life Research Institute et ancien membre de la BoJ.
Sony a indiqué en février prévoir un élargissement de ses pertes sur l’année fiscale achevée fin mars à 220 milliards de yens (1,99 milliards d’euros), et Panasonic à 780 milliards. Sony réalise 70% de son activité en dehors de l’archipel et Panasonic, 48%. D’ailleurs, l’enquête du Tankan révèle que les chefs d’entreprises manufacturières n’ont pas confiance dans l’efficacité à moyen terme des mesures prises par la BoJ pour enrayer la hausse du yen, anticipant un rebond de la devise contre dollar de 6% dans les trois prochains mois, à 78,14.
Pourtant, l’économie montre des signes de reprise encourageants. Même si la production industrielle a chuté de 1,2% au mois de février, elle s’est néanmoins renforcée de 3,6% entre décembre et février, par rapport aux trois mois précédents. «Elle devrait rester soutenue par la reprise de l’activité mondiale, la dépréciation du yen et la reconstruction de la région de Tohoku» estime BNP Paribas. Et le solde commercial est revenu en février en territoire positif pour la première fois depuis juillet, à 32,9 milliards de yens, après un déficit de 1.477 milliards en janvier. Le consensus anticipe une croissance du PIB de 1,9% sur l’année fiscale qui débutait hier.
Et la politique d’extension du programme de rachats d’actifs et de fixation d’un objectif d’inflation à 1% menée par la BoJ commence à porter ses fruits. Ce matin, le yen faiblissait de 0,5% contre dollar à 83,27, et l’indice Nikkei gagnait 0,79% à 10.163,59 points à la mi-séance de la Bourse de Tokyo. La devise nipponne a dérapé de 10,4% au premier trimestre contre les devises des neuf principales pays développés et de 9,5% contre dollar, selon Bloomberg. Sa plus forte chute trimestrielle depuis 1995.
Plus d'articles du même thème
-
BlackRock et Oaktree prennent le contrôle d’un fournisseur d’équipements pour le cinéma
Un fournisseur d'équipements de production pour des studios de cinéma a été repris par ses créanciers après un défaut de paiement sur sa dette, a appris le Financial Times. La branche de crédit privé de BlackRock, HPS Investment Partners, ainsi que le spécialiste de la dette décotée Oaktree Capital, figurent parmi le groupe de créanciers ayant pris le contrôle la semaine dernière de MBS Group, selon des personnes proches du dossier. Les précédents propriétaires du groupe, Hackman Capital Partners et Affinius Capital, sont sortis du capital à l’occasion de cette opération, ajoutent ces sources. Hackman Capital et Affinius avaient racheté MBS en 2019 à Carlyle pour 650 millions de dollars. -
OpenAI perd du terrain sur Anthropic en termes de croissance
Le chiffre d'affaires de l’éditeur de ChatGPT a atteint 6,7 milliards de dollars au cours du trimestre clos en juin, contre plus de 11 milliards pour son challenger Anthropic. Les deux géants de l'IA préparent leurs introductions en Bourse, prévues dans les prochains mois. -
Goldman Sachs acquiert une société d’investissement immobilier
LCN Capital Partners rejoindra le pôle Asset & Wealth Management de la banque. -
L'éligibilité des ETF synthétiques au PEA est dans le viseur de Bercy
Le compte à rebours est peut-être lancé pour les ETF World, S&P 500 et Nasdaq logés dans le PEA. Une note interprofessionnelle du 24 juillet 2026 laisse entrevoir la fin de l'éligibilité des ETF synthétiques exposés hors Europe, au PEA. -
Le baril de Brent s’installe au-dessus de 90 dollars
Les cours du brut ont enregistré une troisième journée de hausse alors que Donald Trump n’a pas prolongé l’accord intermédiaire signé en juin avec l’Iran qui est passé à une posture militaire défensive. Les risques de pénurie refont surface malgré la recherche de routes alternatives au détroit d’Ormuz. -
Les cash-flows retrouvent leur éclat aux yeux des investisseurs
La saison des résultats du deuxième trimestre a été exceptionnelle, permettant au marché d’oublier un mois de juillet difficile. Mais certaines publications, pourtant favorables, ont été sanctionnées. Le marché semble attacher plus d’importance aux flux de trésorerie.
ETF à la Une
Les ETF européens pulvérisent deux records en juillet
- L'éligibilité des ETF synthétiques au PEA est dans le viseur de Bercy
- Le fonds souverain norvégien carbure à l'IA
- Morgan Stanley voit grand pour financer la nouvelle économie américaine
- Allfunds, Schroders et Russell Investments, la vie après le rachat
- Le marché des grands vins s’est stabilisé au premier semestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Série d'été (3/5)Parti républicain vs Les Républicains : tous unis contre le « wokisme » ?
SERIE D’ETE (3/5). Deux droites, une même étiquette, mais parlent-elles vraiment la même langue ? Entre Les Républicains français et le Parti républicain américain, les lignes bougent, se croisent et parfois s’opposent -
Donald Trump souhaite rencontrer Kim Jong-un cet automne
Le président américain pousse auprès de ses conseillers pour une rencontre avec le dictateur nord-coréen à l’automne, rapporte en exclusivité le Wall Street Journal. -
Ferrari : mécanique de la rareté
Au lendemain de sa présentation, la Ferrari Luce faisait presque figure d’erreur de casting : le marché avait sanctionné le titre en Bourse et les commentaires des passionnés oscillaient entre incompréhension et consternation. Trois mois plus tard, le scénario est tout autre. A Monterey, mi-août, la première Luce a battu un record en vente aux enchères. Voilà comment la firme de Maranello a transformé la controverse en valeur.