Le secteur manufacturier japonais reste très prudent sur l'évolution de l’activité

L’indice Tankan de confiance des grandes entreprises manufacturières est resté stable à -4 points fin mars. Un rebond du yen de 6% est anticipé d’ici fin juin
Patrick Aussannaire

L’indice Tankan mesurant la confiance des grandes entreprises manufacturières japonaises publié ce matin par la Banque du Japon (BoJ) est resté inchangé à -4 points à fin mars, alors que le consensus Bloomberg s’attendait à un léger rebond à -1 point. L’affaiblissement du yen ainsi que le rebond des marchés actions n’ont pas réussi à améliorer les anticipations des géants manufacturiers du pays qui restent pessimistes avec un indice anticipé à -3 points à la fin du mois de juin. «L’enquête du tankan montre que les chefs d’entreprise pensent qu’il faudra du temps pour que l’économie retrouve son rythme potentiel» estime Hideo Kumano, chef économiste chez Dai-Ichi Life Research Institute et ancien membre de la BoJ.

Sony a indiqué en février prévoir un élargissement de ses pertes sur l’année fiscale achevée fin mars à 220 milliards de yens (1,99 milliards d’euros), et Panasonic à 780 milliards. Sony réalise 70% de son activité en dehors de l’archipel et Panasonic, 48%. D’ailleurs, l’enquête du Tankan révèle que les chefs d’entreprises manufacturières n’ont pas confiance dans l’efficacité à moyen terme des mesures prises par la BoJ pour enrayer la hausse du yen, anticipant un rebond de la devise contre dollar de 6% dans les trois prochains mois, à 78,14.

Pourtant, l’économie montre des signes de reprise encourageants. Même si la production industrielle a chuté de 1,2% au mois de février, elle s’est néanmoins renforcée de 3,6% entre décembre et février, par rapport aux trois mois précédents. «Elle devrait rester soutenue par la reprise de l’activité mondiale, la dépréciation du yen et la reconstruction de la région de Tohoku» estime BNP Paribas. Et le solde commercial est revenu en février en territoire positif pour la première fois depuis juillet, à 32,9 milliards de yens, après un déficit de 1.477 milliards en janvier. Le consensus anticipe une croissance du PIB de 1,9% sur l’année fiscale qui débutait hier.

Et la politique d’extension du programme de rachats d’actifs et de fixation d’un objectif d’inflation à 1% menée par la BoJ commence à porter ses fruits. Ce matin, le yen faiblissait de 0,5% contre dollar à 83,27, et l’indice Nikkei gagnait 0,79% à 10.163,59 points à la mi-séance de la Bourse de Tokyo. La devise nipponne a dérapé de 10,4% au premier trimestre contre les devises des neuf principales pays développés et de 9,5% contre dollar, selon Bloomberg. Sa plus forte chute trimestrielle depuis 1995.

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