«Le secteur financier offre toujours les spreads les plus élevés»
L’Agefi : Les nombreuses émissions de dettes financières récentes vous semblent-elles attractives?
Philippe Berthelot : Le montant estimé d’environ 80 milliards d’euros d’émissions financières en deux mois n’était pas le scénario principal des marchés fin 2011 et pourtant il a eu lieu. Grâce aux deux LTRO (injections de liquidités de la BCE), la potentialité d’un risque systémique devenant caduque, les primes de risques offertes par les émetteurs éponymes nous semblent extrêmement attractives. Ce secteur était déjà le moins cher au dernier trimestre, et il offre toujours les spreads les plus élevés. Les banques italiennes qui ont phagocyté presque 30% des LTRO ont vu leur prime de risque s’écrouler en trois mois. En témoigne la baisse de 900 pb en quatre mois pour un émetteur tel que Banco Popolare di Milano sur une maturité 2 ans!
Plus largement, quelle est votre stratégie sur le crédit?
Malgré le rally, nous conservons un biais légèrement positif au resserrement des spreads sur les prochaines semaines. Le portage reste attractif tant en investment grade qu’en high yield et notre modèle interne de taux de défaut nous indique un niveau inférieur à 5% dans les 12 prochains mois, plutôt confortable compte tenu de notre anticipation de récession à -0,5% pour la zone euro en 2012. La japonisation de l’économie européenne avec une croissance anémique combinée à des taux durablement bas est plutôt favorable, toutes choses égales par ailleurs, aux actifs de portage comme le crédit. Notre interrogation majeure repose sur l’impact tangible des mesures prises: les 1.000 milliards d’euros injectés dans le circuit bancaire vont-ils demeurer une trappe à liquidités ou se translater à l’économie réelle ?
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