Le secteur du rehaussement de crédit américain en plein émoi

MBIA s’en prend à la fiscalité, tandis que des fonds souverains sont appelés au chevet des rehausseurs, et que les investisseurs s’inquiètent
Alexandre Boksenbaum

Le principal problème repose sur la «lacune fiscale» des Etats-Unis. Le PDG de MBIA a finalement identifié la source des difficultés de son groupe, la fiscalité américaine, ou plus exactement l’optimisation fiscale réalisée par certains aux Bermudes. Joseph Brown, dirigeant du groupe d’Armonk, a ainsi déclaré que «le problème est lorsque l’on réalise des opérations aux Etats-Unis et que l’on expatrie les revenus dans des filiales à l’étranger». Joseph Brown milite pour la fin de la lacune fiscale américaine, en finançant un lobby travaillant sur les réductions fiscales aux Etats-Unis, la Coalition for a Domestic Insurance Industry.

Par ailleurs le dirigeant a affirmé que Moody’s et S&P, à la suite de leur travail en commun, ne réviseraient sans doute pas leur notation avant 12 à 18 mois, si elles le font. De leurs côtés, les investisseurs s’inquiètent de la décision des agences de notation de conserver le triple A à MBIA. Pour Richard Larkin, de Herbert J. Sims & Co, c’est un «peu difficile à croire», car dans l’ensemble, c’est «la même direction» qui est aux commandes que celle qui a conduit MBIA à cette situation. Sentiment partagé par Kathleen Shanley, analyste chez Gimme Credit, qui pense que «MBIA fait toujours face à des difficultés sur le long terme». Dan Castro, responsable crédit chez GSC Group, a souligné que les agences «avaient certainement moins de crédibilité» mais que cette décision devrait être interprétée comme «un soupir de soulagement». Les collectivités locales ne sont pas en reste, elles aussi s’inquiètent des conséquences que la crise des crédits pourrait avoir sur leur financement. Des comités se sont mis en place afin de définir comment «réaliser les ajustements» nécessaires.

MBIA a nié être concerné par l’appel lancé par Eric Dinallo, le responsable de l’assurance dans l’état de New-York, aux fonds souverains pour qu’ils entrent au capital des rehausseurs en difficulté. Certains fonds considéreraient d’ailleurs cela comme une «opportunité» a indiqué M. Dinallo, se défendant de chercher à voler au secours des actionnaires des rehausseurs de crédit. De fait, Cerberus serait, selon une source proche, en discussion pour investir dans Ambac, qui encourt des pertes de plusieurs milliards de dollars. M. Mayhew, de Bay Aera Toll Authority, préfère en sourire en déclarant que «nous avons sauté dans des eaux infestés de requins, et il y a beaucoup de requins ici…».

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...