« Le secteur des valeurs industrielles cache des pépites suivant des cycles différents »
confie Léonard Cohen, directeur des gestions actions Europe chez Edmond de Rothschild Asset Management
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Propos recueillis par Bruno de Roulhac
L’Agefi : Pourquoi restez-vous si offensif sur l’industrie, en dépit des craintes de récession aux Etats-Unis ?
Léonard Cohen : Le secteur des valeurs industrielles (dans la zone euro) se décompose en sous-secteurs représentés par des titres aussi différents que Siemens (infrastructures), Deutsche Post (services), Vallourec, EADS (défense), Q Cells (solaire), Aéroport de Paris, etc… Ces valeurs ont des activités dans le monde entier et des cycles différents. Le segment est donc victime de son nom et des a priori associés. Nous sommes des stock-pickers, nous proposons pour ce sondage une allocation opportuniste (dans la zone euro) basée sur l’analyse de la valorisation des sociétés. Nous jugeons qu’un certain nombre de valeurs se trouvant dans ce secteur sont sous-évaluées et nous les achetons, mais cette surpondération n’est pas le reflet d’un choix stratégique (top down) d’investir sur le secteur en tant que tel.
Pourquoi vous mettez-vous à l’écart des services collectifs, secteur défensif et à dividendes élevés ?
L’aspect défensif d’une valeur n’existe que si sa valorisation n’a pas déjà intégré ce paramètre ! Or, les titres de ce segment ont beaucoup progressé (entre 80 % et 600 % sur cinq ans) mais ils ne sont plus au même niveau de valorisation. De plus, ils sont désormais détenus par beaucoup d’investisseurs et ne sont donc pas à l’abri de déceptions : l’évolution récente du cours d’EDF en est une illustration. Et si on ajoute qu’au 21 février, le cours d’EDF a baissé de plus de 20 % depuis le début de l’année, que le titre RWE est en recul de 12 %, on comprend que leurs caractéristiques défensives se sont atténuées au fil des années. Nous pensons que d’un point de vue opportuniste, il faut être sur d’autres valeurs comme l’illustre l’allocation sectorielle proposée.
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