Le scénario de reprise lente défendu par la BCE se confirme en zone euro
L’activité économique dans la zone euro a continué à progresser au mois de mars selon les résultats préliminaires de l’enquête menée auprès des directeurs d’achats par Markit. Les données confirment le scénario de reprise très progressive, défendu par la Banque centrale européenne (BCE) et pourraient l’encourager à laisser ses taux inchangés en avril.
L’indice flash composite de l’activité globale était à 53,2 en mars contre 53,3 au mois de février. L’indice avait alors enregistré son plus haut niveau depuis plus de deux ans et demi. L’indice dans le secteur des services était à 52,4 en mars (contre 52,6) tandis que l’indice de l’industrie manufacturière était à 53 (contre 53,2).
Ces données «ne plaident pas en faveur d’un plus grand assouplissement monétaire», estime Johannes Gareis, économiste chez Natixis. «Au regard des tensions croissantes entre la Russie et l’Ukraine et du ralentissement de l’activité industrielle chinoise, les PMI de mars peuvent être considérés comme une bonne nouvelle», ajoute Marco Valli, économiste chez UniCredit.
Même si les indices PMI allemands sont ressortis en léger repli, l’Allemagne devrait rester la locomotive de la reprise européenne avec une croissance de 0,7% au premier trimestre, selon Markit. L’indice PMI flash composite était à 55 en mars (contre 56,4 en février) et l’emploi était en hausse pour le 5e mois consécutif.
L’évolution des indicateurs est encore plus réconfortante en France. L’indice composite témoigne d’une expansion de l’activité, pour la première fois depuis octobre 2013, à 51,6 en mars (contre 47,9 en février). «Au cours des derniers mois, les PMI français ont sous-estimé significativement l’activité économique», rappelle cependant Marco Valli pour qui les données publiées hier «comblent l’essentiel du fossé existant entre les sondages et les données réelles».
L’économiste d’ING, Martin van Vliet, met en garde contre tout excès d’optimisme: «Une reprise durable n’est pas encore bien établie». A ses yeux, la demande extérieure devrait souffrir du ralentissement chinois et de la force de l’euro tandis que la demande intérieure reste contenue par le haut niveau de chômage et les politiques d’austérité. Markit pointe par ailleurs du doigt la persistance «des pressions déflationnistes en particulier dans les pays de la périphérie». Elle est illustrée en mars par la nouvelle baisse des prix de vente des fabricants et des prestataires de services.
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