Le S&P 500 a connu une amplitude totalement inédite en 2011
C’est une année totalement atypique que viennent de traverser les marchés actions américains. A moins de deux dernières séances échevelées, aujourd’hui et demain, le S&P 500 devrait terminer 2011 à l’endroit même où il l’avait débuté, autour des 1.250 points. Un statu quo extrêmement rare. Bloomberg rappelle qu’il faut remonter à 1970 pour retrouver trace d’une telle stagnation. L’indice américain avait alors cédé 0,1%. A titre de comparaison, le Stoxx Europe 600 a perdu 12% depuis le début de l’année et le MSCI Emerging Markets a fondu de 20%.
Et pourtant, malgré ce piétinement, 2011 a été tout sauf monotone pour l’indice de référence des marchés boursiers. Le S&P 500 a même connu l’une des années les plus mouvementées de son histoire. Monté à un plus haut annuel fin avril à 1.363 points, l’indice a touché un plancher à 1.099 points début octobre, soit une chute de 19%. Avant de remonter de 14% pour revenir à 1.260 points hier.
Le mois d’août 2011, au cours duquel la crise de la zone euro et la perte du AAA américain ont précipité la chute des marchés, a été particulièrement animé. Sur ce seul mois, l’amplitude moyenne journalière de l’indice ressort à 2,2%, du jamais vu depuis 1932. Et en allongeant la recherche depuis le mois d’avril 2011, lorsque les difficultés dans la zone euro se sont aggravées, l’amplitude journalière atteint encore 1,3%, deux fois plus que la moyenne des 50 années avant la faillite de Lehman Brothers en 2008.
Autre preuve du caractère atypique de 2011: 85 sociétés de l’indice, soit 17% du total, ont vu leur cours de Bourse chuter de plus de 20%. Seules 11 avaient connu pareille mésaventure en 2010. Même 2009, année de la dernière récession de l’économie américaine, avait été moins riche en plongeons d’une telle ampleur: 15 groupes avaient perdu plus de 20% en Bourse.
Après une année aussi déroutante, les gérants se demandent logiquement ce qui les attend l’an prochain. En 2011, les investisseurs se sont réfugiés sur les valeurs les moins exposées à l’économie. Les secteurs de la santé, de l’alimentation ou de l’énergie sont ainsi les trois sous-secteurs du S&P 500 dans le vert cette année. Tous les autres ont fortement baissé. Résultat, l’écart de performance entre les valeurs dites défensives et les autres a atteint un niveau record depuis 1989. Les plus optimistes rappellent que ce type de décalage est toujours suivi d’un fort rebond l’année suivante, comme en 2001, 2007 ou 2009.
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