Le S&P 500 a connu une amplitude totalement inédite en 2011

Après de forts mouvements baissiers puis haussiers, l’indice de référence des marchés actions va stagner cette année. Une première depuis 1970
Olivier Pinaud

C’est une année totalement atypique que viennent de traverser les marchés actions américains. A moins de deux dernières séances échevelées, aujourd’hui et demain, le S&P 500 devrait terminer 2011 à l’endroit même où il l’avait débuté, autour des 1.250 points. Un statu quo extrêmement rare. Bloomberg rappelle qu’il faut remonter à 1970 pour retrouver trace d’une telle stagnation. L’indice américain avait alors cédé 0,1%. A titre de comparaison, le Stoxx Europe 600 a perdu 12% depuis le début de l’année et le MSCI Emerging Markets a fondu de 20%.

Et pourtant, malgré ce piétinement, 2011 a été tout sauf monotone pour l’indice de référence des marchés boursiers. Le S&P 500 a même connu l’une des années les plus mouvementées de son histoire. Monté à un plus haut annuel fin avril à 1.363 points, l’indice a touché un plancher à 1.099 points début octobre, soit une chute de 19%. Avant de remonter de 14% pour revenir à 1.260 points hier.

Le mois d’août 2011, au cours duquel la crise de la zone euro et la perte du AAA américain ont précipité la chute des marchés, a été particulièrement animé. Sur ce seul mois, l’amplitude moyenne journalière de l’indice ressort à 2,2%, du jamais vu depuis 1932. Et en allongeant la recherche depuis le mois d’avril 2011, lorsque les difficultés dans la zone euro se sont aggravées, l’amplitude journalière atteint encore 1,3%, deux fois plus que la moyenne des 50 années avant la faillite de Lehman Brothers en 2008.

Autre preuve du caractère atypique de 2011: 85 sociétés de l’indice, soit 17% du total, ont vu leur cours de Bourse chuter de plus de 20%. Seules 11 avaient connu pareille mésaventure en 2010. Même 2009, année de la dernière récession de l’économie américaine, avait été moins riche en plongeons d’une telle ampleur: 15 groupes avaient perdu plus de 20% en Bourse.

Après une année aussi déroutante, les gérants se demandent logiquement ce qui les attend l’an prochain. En 2011, les investisseurs se sont réfugiés sur les valeurs les moins exposées à l’économie. Les secteurs de la santé, de l’alimentation ou de l’énergie sont ainsi les trois sous-secteurs du S&P 500 dans le vert cette année. Tous les autres ont fortement baissé. Résultat, l’écart de performance entre les valeurs dites défensives et les autres a atteint un niveau record depuis 1989. Les plus optimistes rappellent que ce type de décalage est toujours suivi d’un fort rebond l’année suivante, comme en 2001, 2007 ou 2009.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...