Le rythme d’assouplissement monétaire au Brésil inquiète les marchés
Les minutes de la banque centrale du Brésil ne peuvent pas être plus limpides. Après avoir opté unanimement pour une baisse de 50 points de base à 10,5% de son taux directeur lors de sa réunion des 17 et 18 janvier, le comité de politique monétaire (Copom ) a indiqué dans son compte-rendu publié hier qu’il existe une «forte probabilité pour la réalisation d’une prévision selon laquelle le taux Selic soit baissé sous le seuil des 10%». Roberto Kropp, directeur de Daycoval Asset Management, indique même ne pas se souvenir «d’avoir jamais vu un discours aussi explicite sur le prochain geste de la banque centrale». De quoi faire chuter le taux à un an de 18 pb à 9,66% et rebondir l’indice Bovespa de 0,7% à 62.953,06 points porté par l’indice immobilier en hausse de 2,7%. Le real a gagné 0,7% contre dollar, à 1,7491.
Le discours extrêmement accommodant du Copom vient soutenir l’objectif du gouvernement de Dilma Rousseff, imposant une politique fiscale de rigueur, d’atteindre les 4% de croissance, alors que le FMI table plutôt sur une croissance de 3%. En 2011, la croissance devrait ressortir entre 3 et 3,5%, alors que le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau historique à seulement 4,7% en décembre, contre 5,2% en novembre, montrant que «l’activité s’est bien redressée au milieu du quatrième trimestre 2011» selon Goldman Sachs. «Nous aurons une croissance plus forte en 2012 qu’en 2011 et l’inflation sera plus faible» a indiqué le ministre des finances Guido Mantega en réaction aux minutes.
Les prix à la consommation ont progressé de 0,65% à mi-janvier avec une inflation à 6,44%, flirtant avec la limite haute de 6,5% fixée par les autorités monétaires. Pour l’heure, la banque centrale prévoyait toutefois dans sa dernière enquête un reflux de l’inflation à 5,29% en moyenne cette année. Cependant, «l’inflation et le chômage montrent que l’économie tourne à un rythme supérieur à ses capacités de production, ce qui est inquiétant pour l’évolution de l’inflation» alerte Roberto Kropp.
Une opinion partagée par les marchés. La différence entre le taux à un an et le taux à 10 ans a atteint un record de 167 pb hier, laissant entrevoir que la banque centrale devra vite relever ses taux dès le retour de la croissance. Avec des taux réels à un plus bas de 4%, «les marchés anticipent un accroissement des risques inflationnistes avec une capacité de réaction limitée de la banque centrale» estime Barclays Capital.
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