Le Royaume-Uni vit une reprise économique sans rentrées fiscales
George Osborne passera aujourd’hui un grand oral délicat devant les parlementaires britanniques à l’occasion du traditionnel discours d’automne du chancelier de l’Echiquier. Malgré la reprise économique au Royaume-Uni, le ministre va devoir reconnaître le dérapage des finances publiques et l’incapacité du gouvernement à tenir son objectif de réduction du déficit. Le tout sans pouvoir proposer de remèdes crédibles alors que les élections générales se profilent en 2015.
Le budget 2014-2015 prévoyait de ramener en un an de 6,6% à 5,5% du PIB le déficit, exprimé par les besoins d’emprunt du secteur public (hors banques nationalisées et transferts de la Banque d’Angleterre), soit 96 milliards de livres. Pour 2015-2016, la projection était de 75 milliards de livres, soit 4,2% du PIB. Selon les économistes de RBS, les besoins devraient être révisés à 107 milliards (5,9%) pour l’exercice fiscal en cours, et à 90 milliards pour le suivant.
Le dérapage ne provient pas d’un excès d’optimisme sur la croissance, comme c’est souvent le cas en France. La prévision officielle tablait sur une progression du PIB de 2,7% cette année et 2,3% en 2015, alors que les économistes s’attendent plutôt à une croissance de 3,0% en 2014. Ce sont les rentrées d’impôt qui ne suivent pas.
«Cette reprise est légère en termes de recettes fiscales. Cela reflète la faible inflation des salaires, la baisse du prix du pétrole et une activité molle sur le front des transactions immobilières», note Ross Walker, économiste de RBS. Même si l’on note un frémissement depuis quelques mois sur les salaires, la croissance des recettes de l’impôt sur les revenus est inférieure à celle du PIB depuis 2011, et le phénomène s’accentue depuis 2013.
La trajectoire des finances publiques, malgré la hausse du PIB, prouve aussi que le déficit au Royaume-Uni «est largement structurel», selon Dominic Bryant, économiste de BNP Paribas. Le FMI et l’OCDE l’évaluent à près de 5%. Malgré le volontarisme affiché dès 2010 en termes de réduction des dépenses publiques, ramenées à 42,5% du PIB, le pays a relâché ses efforts.
«Un déficit structurel de cette taille n’est pas tenable à moyen terme, d’autant qu’il s’accompagne d’un déficit significatif du compte courant. Le gouvernement britannique se repose sur les investisseurs non résidents pour le financer», poursuit Dominic Bryant. Mais à l’approche des élections, George Osborne ne devrait pas s’appesantir sur le sujet.
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