Le Royaume-uni veut rendre la vie dure aux offres de rachat hostiles
Après l’acquisition du Cadbury par Kraft Food qui avait provoqué un tollé dans le milieu politique britannique, les autorités veulent rendre la vie dure aux acheteurs hostiles qui jusqu’à présent bénéficiaient d’un davantage tactique par rapport aux cibles potentielles.
A la suite d’une consultation publique achevée fin juillet, le Takeover Panel, le régulateur qui supervise les opérations de fusions-acquisitions au Royaume-Uni, veut réduire significativement leur marge de manœuvre. Celui-ci propose que dans une période de quatre semaines suivant la date à laquelle il est publiquement nommé, tout prédateur potentiel annonce ses intentions: lancer une offre ferme, ne pas en faire ou demander de manière conjointe avec la société cible une extension de la date butoir. Dans ce dernier cas, il devra expliquer le calendrier attendu en vue d’une annonce sur ses intentions et devra faire un point d’étape sur l’avancée des discussions. Cette proposition de période de réflexion fixe devrait résorber les problèmes d’offres virtuelles et amener les acquéreurs potentiels à se soucier davantage des risques de fuites.
Figure aussi dans la liste des amendements souhaités, l’interdiction surprise des mesures contractuelles de protection, qui réduisent la probabilité de succès d’une contre-offre, comme les indemnités de rupture (inducement fees), qui sont à payer par les sociétés cibles à l’offrant en cas d’échec de l’opération.
La transparence est également au cœur des préoccupations du Takeover Panel, puisque son comité recommande la divulgation, de manière séparée et par catégorie d’acteur, des montants de commissions estimées pour les conseillers de chacune des parties d’une offre. Cela comprend les conseillers financiers, les comptables, les avocats et les conseillers en relations publiques. Les commissions dans le cadre d’un financement apporté à l’une des parties devront aussi être publiées et les plans de la société prédatrice à l’égard des employés de la société cible détaillés.
En revanche, le régulateur a décidé de ne pas réintroduire une règle abolie en 2006 et qui visait à limiter le rythme auquel les investisseurs pouvait construire une position de 15 à 30% du capital d’un groupe. Il ne souhaite pas non plus relever le niveau minimum d’acceptation pour les acquisitions au-dessus des «50% plus une action».
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026. -
Au Royaume-Uni, Andy Burnham défie Keir Starmer
Le maire travailliste du Grand Manchester, qui vient d’être élu à la Chambre des communes, jouit d’une popularité bien plus forte que l’actuel premier ministre, qu’il pourrait pousser vers la sortie. Keir Starmer compte, quant à lui, résister. -
«Seule une reprise plus marquée de l’économie européenne pourrait justifier une appréciation de l’euro-dollar à 6 mois»
Olivier Guillou, directeur de la gestion chez Ecofi. -
NextStage et Indefi lancent un indice sur les fonds evergreen
Le gérant s'est allié au cabinet de conseil qui a analysé 40 fonds répondant à plusieurs critères, notamment de taille et de stratégie d'investissement, lui permettant de dégager des performances moyennes en fonction du type de part, retail, wealth et institutionnels.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
- La tokenisation change d’échelle
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter