Le Royaume-Uni tente de ranimer le marché des « RMBS prime »
Au Royaume-Uni, l’atonie du marché des titres adossés à des crédits hypothécaires résidentiels de qualité (RMBS prime) commence à inquiéter les pouvoirs publics. La semaine dernière, Alistair Darling, le chancelier de l’Echiquier, est monté au créneau en annonçant la mise en place de standards d’évaluation (gold standard) sur la qualité de cette classe de produits. Une initiative, si elle aboutit après une courte période de consultation auprès des banques, qui donnerait un nouveau souffle à l’un des principaux soutiens à l’activité de la titrisation au Royaume-Uni et en Europe.
Pour Deutsche Bank, ce plan permettrait «d’apporter à un marché en souffrance et sans orientation la «patte» du gouvernement». Cette démarche indique aussi une «reconnaissance officielle du fait que la titrisation soit devenue un circuit de financement crucial pour les emprunteurs de crédits hypothécaires britanniques». D’ailleurs, selon les chiffres de la banque allemande, les encours de RMBS prime britanniques, souvent émis via des master-trusts, s’élèvent à 154 milliards de livres, ou environ 13 % de la taille du marché du crédit hypothécaire local.
D’une manière générale, l’état de santé du marché primaire des RMBS devient angoissant. Selon UniCredit, les RMBS en 2007 émis puis «retenus» (qui n’ont pas été placés publiquement) par les banques originatrices ont atteint un volume de 98 milliards d’euros, dont 23 milliards au Royaume-Uni. Les tranches de RMBS émises servent de plus en plus de collatéraux pour refinancement auprès de la BCE. Récemment, Alliance & Leceister a retenu 2,5 milliards d’euros de RMBS prime.
«A la même époque l’année dernière, les émissions s’approchaient des 58 milliards d’euros. La prédominance des RMBS reste d’actualité puisqu’ils représentaient 55 % des émissions l’année dernière pour les mois de janvier et février contre 54 % cette année», souligne l’équipe de recherche ABS & CDO chez Natixis. Cette dernière ajoute que les «spreads sont tellement larges que les opérations perdent tout intérêt économique pour les émetteurs de RMBS».
Avec la poursuite de l’écartement des marges à des niveaux records et du manque cruel de visibilité, la défiance des émetteurs est telle qu’aucune opération de RMBS britannique ne figure dans les opérations attendues. Seul un RMBS espagnol de 2 milliards d’euros de Bankinter est évoqué.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien