Le Royaume-Uni présente un budget fait pour conserver son AAA

George Osborne doit annoncer aujourd’hui un objectif de déficit en baisse par rapport aux prévisions d’automne, sous l’effet de la réduction des dépenses
Violaine Le Gall
Photo: PHB/Agefi et Fotolia
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Le déficit budgétaire britannique pour l’exercice 2011-12 sera finalement moins élevé que prévu. De 7,9% anticipé dans le budget initial de mars 2011, il avait été nettement révisé en hausse en novembre à 8,4% sur fond de ralentissement de la croissance, par l’organisme chargé de la surveillance budgétaire (OBR). Finalement, grâce aux réductions de dépenses réalisées, il devrait ressortir à 7,9% d’après les spécialistes de RBS, soit 120 milliards de livres en valeur, contre 127 milliards anticipés en novembre dernier et 122 milliards attendus en mars 2011. Le chancelier de l’Echiquier George Osborne dispose donc d’une «marge» de 5 à 7 milliards, qu’il ne devrait toutefois pas utiliser.

«La situation fiscale du Royaume-Uni reste difficile, avec un des déficits les plus importants parmi les économies développées», rappelle Ross Walker, économiste chez RBS. Et les perspectives économiques que dévoilera aujourd’hui l’OBR ne devraient marquer qu’une amélioration marginale par rapport à celles de novembre 2011. L’OBR prévoyait alors une croissance de 0,7% en 2012 et de 2,1% en 2013. Le relâchement de l’effort enverrait en outre un message qui ne manquerait pas de déplaire aux marchés obligataires et aux agences de notation.

Or, après Moody’s en février, Fitch vient d’abaisser sa perspective de stable à négative sur la note AAA du Royaume-Uni en citant le niveau d’endettement du pays. L’agence a précisément prévenu qu’un assouplissement budgétaire discrétionnaire pourrait conduire à une dégradation de la note. De toute façon, l’utilisation des 7 milliards de livres «gagnés» cette année, qui ne représentent que 0,5% du PIB, ne permettrait pas de soutenir significativement la demande, prévient Ross Walker.

Le budget 2012-2013, qui sera présenté à 13h30 heure de Paris par George Osborne, prendra en compte de nouveaux efforts en matière de baisse des dépenses. RBS prévoit un déficit à 7,1% du PIB, soit 112 milliards de livres. Ce montant reste toutefois bien supérieur aux 101 milliards prévus en mars 2011. Le programme d'émissions d’emprunts d’Etat s'élèverait en net à 178,5 milliards de livres sur 2011-2012 et devrait remonter à 185 milliards sur le prochain exercice, d’après RBS.

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