Le Royaume-Uni est prêt à innover dans les outils de gestion de sa dette
Le Royaume-Uni innove pour sécuriser sa dette. Le chancelier de l’Echiquier britannique souhaite profiter de la faiblesse actuelle des rendements pour allonger la maturité des obligations d’Etat émises à 100 ans ou plus, les «obligations Osborne». George Osborne s’apprêterait ainsi à profiter de l’annonce du budget mercredi prochain pour tester l’appétit ainsi que la confiance des investisseurs sur la fiabilité à long terme de la dette britannique. Robert Stheeman, directeur du Trésor britannique, indique dans le Financial Times que «le chancelier devrait envisager la possibilité d’émettre des obligations «super longues», d’une maturité supérieure à 50 ans, et/ou des obligations perpétuelles ».
Les obligations «perpétuelles», sans maturité, versent des intérêts indéfiniment mais sans remboursement du principal. Les dernières expériences de l’émission d’un tel titre remontent à l’émission en 1932 d’«obligations de guerre» destinées à financer le coût de la première guerre mondiale et qui offraient un rendement de 3,8% et aux «obligations Dalton», juste après la seconde guerre mondiale. Le Mexique, l’institut Massachusetts Institute of Technology (MIT), mais également GDF Suez et Rabobank ont déjà tenté l’expérience des obligations à 100 ans.
«Il s’agit de verrouiller pour le futur les avantages du statut de valeur refuge dont nous bénéficions actuellement» explique un membre du Trésor cité par le Wall Street Journal. Et d’ajouter que «le prix permet d’abaisser le paiement des intérêts de la dette pour les contribuables pour les décennies à venir». Une opinion partagée par la Société Générale qui table sur une émission à 100 ans de 200 milliards de livres. Après être tombé à un plus bas depuis 1989 de 1,92% le 18 janvier dernier, le rendement des Gilt à 10 ans est revenu à 2,17%, contre un taux moyen de 4,22% sur les 10 dernières années. Le taux des obligations à échéance 2060 cote à 3,22%.
Mais l’intérêt pour les investisseurs est moins évident. «Comme à son habitude, la pratique normale du Trésor serait de conduire une consultation complète pour établir la demande pour de tels titres» indique Robert Stheeman. La faiblesse des rendements proposés pour des durées aussi longues pourraient refroidir les investisseurs. De plus, pour 100 livres investies dans l’obligation perpétuelle lancée en 1932, la valeur actuelle ajustée de l’inflation est tombée à 1,74 livre.
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