Le risque politique repasse au second plan en Europe
5 millions et demi de Catalans sont appelés ce jeudi à élire leur nouveau Parlement régional. A en croire les derniers sondages, ni les indépendantistes, ni les partisans de l’unité nationale ne pourront gagner la majorité absolue. L’Espagne n’en a donc pas fini avec sa crise institutionnelle. Et pourtant, la Bourse de Madrid a repris des couleurs ces dernières semaines et les taux d’emprunt espagnols ont diminué, alors que le pays paraissait au bord de l’implosion au mois d’octobre.
Faites un zoom arrière sur la zone euro, et le constat sera identique : le risque politique y a quasiment disparu du radar des investisseurs. C’est l’un des faits marquants de l’année 2017, bien aidé par le résultat des élections présidentielles et législatives en France. Ajoutez-y des perspectives de croissance au beau fixe, et cela dans toutes les grandes économies du monde, une inflation très sage, des banques centrales soucieuses de ne pas casser la reprise, une volatilité au plus bas, et vous obtiendrez un scénario de conte de fées pour les marchés financiers. Les investisseurs plébiscitent donc pour 2018 les actifs risqués, et d’abord les actions des entreprises européennes en espérant vivre une nouvelle année faste après celle qui s’achève.
Attention cependant à ce que le consensus ne vire pas à l’optimisme béat. Le risque politique pourrait vite se rappeler au bon souvenir des financiers l’an prochain. En zone euro tout d’abord, avec des élections générales au mois de mars en Italie, où la poussée des partis populistes et anti-européens se fait menaçante. Du côté de chez Trump ensuite : à l’approche des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le président américain pourrait être tenté de durcir encore le ton vis-à-vis de la Corée du Nord et de la Chine.
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