Le risque de défaut portugais au plus bas depuis plus d’un an

Alors que l’activité économique du Portugal s’est fortement dégradée, les investisseurs préfèrent se focaliser sur les réformes engagées
Krystèle Tachdjian

C’est un peu paradoxal. Alors que le Portugal a connu une forte dégradation de son activité au deuxième trimestre avec un PIB en chute de 1,2%, la confiance des investisseurs dans la capacité du pays à réduire sa dette est au plus haut depuis plus d’un an. Les CDS du Portugal, ces contrats permettant de se prémunir contre un risque de défaut du pays, ont plongé autour des 738 points de base (pb) jeudi alors qu’ils culminaient encore à 1.515 pb en janvier et 1.237 pb en mai, selon les données compilées par Bloomberg. C’est la plus forte amélioration constatée ces dernières semaines pour un pays de la zone euro à l’exception de l’Irlande.

Pour les investisseurs, la probabilité que le Portugal fasse défaut n’est plus que de 48% contre 73% auparavant, rassurés par les coupes budgétaires drastiques, et la hausse des impôts censées remettre le pays sur les rails. Ces derniers mois, le gouvernement de centre droit a redoublé d’efforts pour réduire son déficit public alors que le pays a sollicité une aide européenne de 78 milliards d’euros. Jusque-là, le Portugal est en ligne avec les objectifs imposés par la Troïka, et a mis en œuvre rapidement son programme de privatisation. Mi-juillet, le FMI a salué les réformes économiques menées qualifiant leur chance d’aboutir de «raisonnablement fortes» même si la crise de la zone euro risque d’aggraver la récession. Début août, Standard & Poor’s a confirmé la note BB de la dette portugaise long terme mais a maintenu Lisbonne sous perspective négative.

Même si l'échéance s’annonce compliquée, certains analystes estiment même que le Portugal pourrait faire un retour gagnant sur les marchés obligataires dès 2013. En attendant, Lisbonne supporte un taux de 9,4% sur les titres à 10 ans contre 6,5 % pour l’Espagne, et près de 6% pour l’Italie. Le rendement obligataire portugais reste toutefois loin de ses plus hauts historiques atteints fin janvier à plus de 18%.

La crise de la dette a plongé le pays dans sa pire récession depuis les années 1970. Ses difficultés sont accentuées par le voisin espagnol qui reste son premier client à l’exportation. Au deuxième trimestre, le chômage a augmenté plus rapidement que prévu pour se chiffrer à 15%. 35,5% des jeunes actifs n’ont pas de travail. Cette année le Portugal doit limiter son déficit à 4,5% du PIB. En 2011, il avait rempli son objectif de le contenir à 5,9%.

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