Le retournement du marché de l’immobilier résidentiel français se précise

Le taux de crédit à l’habitat montera de 30 à 40 pb cette année, prévoit le Crédit Foncier. Il anticipe une baisse des prix sur l’essentiel du territoire
Violaine Le Gall
Les crédits à l'habitat en net recul.
Les crédits à l'habitat en net recul.  - 

De nombreux facteurs contribueront cette année à la baisse ou à la stabilisation des prix immobiliers, selon les zones, après une nouvelle progression des valeurs en 2011, d’après le Crédit Foncier qui présentait hier son étude annuelle. D’abord, les tensions sur les financements bancaires vont se répercuter sur les taux des crédits à l’habitat qui monteront de 30 à 40 points de base en 2012. Mécaniquement, cette hausse se traduira par une baisse des prix de 5 %. Les banques, en raison de leurs contraintes de financement, devraient aussi limiter les durées des emprunts.

A ce durcissement des conditions de crédit s’ajoute un environnement peu favorable. La perspective d’une croissance économique très molle et d’une hausse du taux de chômage pèseront sur les décisions des ménages en matière immobilière. La fin de dispositifs gouvernementaux contribuera aussi au ralentissement de l’activité. Alors que 380.000 prêts à taux zéro (PTZ) ont été octroyés en 2011, dans l’ancien et le neuf, seuls 80.000 PTZ seront attribués cette année, uniquement dans le neuf. Cette réduction de périmètre va réduire la solvabilité des primo-accédants dans l’ancien.

Dans les six villes de province étudiées par le Crédit Foncier et l’Université de Paris-Dauphine, 7 % à 11 % des ménages actuellement locataires ne pourront plus acquérir un bien correspondant à leur besoin dans leur environnement proche en raison de l’arrêt du PTZ dans l’ancien. En Ile-de-France, le Crédit Foncier observe un effet «désolvabilisateur» dans douze des vingt villes étudiées, sur 3 à 11 % des ménages.

Dans ce contexte, le Crédit Foncier table sur un repli de 14 % des crédits engagés en 2012, à 120 milliards d’euros, après un repli de 7 % en 2011. Par conséquent, les transactions immobilières dans l’ancien reculeront de 13,5 % pour atteindre 660.000, suite à un recul limité en 2011. Les prix resteront stables dans les marchés en pénurie mais reculeront de 5 à 10 % partout ailleurs. Le marché du neuf sera touché aussi. La construction de logements devrait reculer de 6%. Le Crédit Foncier anticipe 378.000 mises en chantier, soit bien moins que les 500.000 nécessaires pour répondre à la demande et fluidifier le marché.

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