Le retour en grâce du marché japonais laisse dubitatif
Le marché japonais se relance à grande vitesse. Après huit séances de hausse sur neuf, l’'indice Nikkei 225 a clôturé vendredi à 10.137,73 points, gagnant 23% depuis le point bas de mars, à 8.228 points. Il a même touché 10.207,91 points en séance, à seulement 46 points du niveau d’avant le tsunami du 11 mars dernier. En un mois, le Nikkei a ainsi gagné 5,5% à taux de change comparable, contre 0,9% pour le FTSE Asie (Japon exclu) et 4,6% pour le S&P 500. Les investisseurs étrangers sont revenus en masse sur le marché japonais avec des achats nets de 186.4 milliards de yens la semaine dernière, la semaine la plus faste depuis début avril.
Pour autant, la crise du 11 mars ne semble pas effacée. Sur un plan technique, l’indice a réintégré le seuil psychologique des 10.000 points. Il existe toutefois un obstacle graphique important correspondant au gap baissier ouvert le 14 mars 2011 à 10.254,43 points et qui doit être cassé pour confirmer cette tendance. Si Ouri Mimran, analyste technique chez Natixis, voit «le Nikkei prolonger sa reprise vers une résistance importante à 10.597 points», Alexandre Le Drogoff, analyste chez Aurel BGC, prévoit lui qu’il «devrait végéter entre les niveaux actuels et le support à 9.320 points ». Des divergences qui traduisent le fort degré d’incertitude actuel.
L’enquête Tankan a révélé que si les grandes entreprises anticipent une nette amélioration de la situation dans les trois prochains mois, une majorité d’entre elles se montre pessimiste sur la situation actuelle avec une chute de confiance en juin de 15 points en trois mois à -9 après trois trimestres de contraction de l’activité. D’ailleurs, les agences de notation menacent d’abaisser la note souveraine du Japon au vu de ses faibles perspectives de croissance et d’une réponse politique jugée trop molle à la hausse de la dette.
Enfin, l’épée de Damoclès «Tepco» pèse sur les marchés. Avant le tsunami, Tepco pesait 13.000 milliards de yens : 3.600 milliards en actions et 9.400 milliards de dette nette. Depuis, sa valeur a fondu de 85% et les principales banques du pays ont contribué à hauteur de 60% à un prêt d’urgence de 2.000 milliards mis en place mais non garanti par le gouvernement. GaveKal estime que dans le scénario d’un lessivage complet de la dette du groupe, les banques créditrices pourraient subir des pertes équivalentes à 20% de leur valeur en action.
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