Le retour de l’Irlande sur les marchés contraste avec les difficultés du Portugal
Lisbonne va-t-il suivre les traces d’Athènes sur la voie d’une restructuration de dette ? Le Portugal reste en tout cas à l’écart de l’embellie générale constatée sur les marchés obligataires en zone euro depuis début décembre. Hier, les taux à 2 ans et 10 ans se creusaient respectivement de plus de 100 points de base et de 50 pb à 12,85% et 13,5%.
Ces variations sont certes sujettes à caution. «Les volumes traités sur la dette portugaise sont quasi nuls», souligne un banquier. La moindre opération peut donc faire décaler les rendements. Reste que le Portugal, aujourd’hui sous perfusion du FMI et de l’Union européenne, «est censé faire son retour en 2013 sur les marchés financiers avec l’émission de 10 milliards d’euros d’obligations à moyen et long terme, rappellent les économistes de Credit Suisse. L’année 2012 sera cruciale pour juger de sa capacité à le faire à des conditions raisonnables».
L’évolution des rendements portugais contraste avec ceux de l’Irlande, autre pays sous programme d’aide, mais qui constate une amélioration depuis plusieurs mois. Le taux 9 ans irlandais traitait sous les 7%, et le taux à 2 ans à 4,73%.
Signe de cette embellie, Dublin a annoncé hier une opération sur sa dette à moyen long terme. Une première depuis septembre 2010. Il ne s’agit pas d’une émission standard à proprement parler. Confronté à une tombée obligataire de 11,9 milliards d’euros en janvier 2014, le pays a voulu lisser son profil de remboursement en proposant d’échanger cette ligne contre de nouveaux titres d’échéance février 2015.
L’agence de la dette irlandaise a finalement réussi à échanger 3,5 milliards d’euros de titres, soit 30% de la ligne 2014. Les emprunts 2015, qui portent un coupon de 4,5%, ont été émis à un rendement de 5,15%. «Le succès de l’échange de dette irlandais pourrait encourager d’autres émetteurs de la périphérie à proposer des swaps volontaires de dette courte vers des maturités plus longues, afin de soulager leur profil de refinancement», estiment les stratégistes de WestLB.
L’Allemagne, elle, n’a pas ces contraintes. Berlin a émis hier 2,46 milliards d’euros à 30 ans après avoir reçu plus de 5 milliards de demande. A 2,62%, le rendement trouvé établit un nouveau record à la baisse sur cette maturité depuis la création de la zone euro.
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