Le retour de l’inflation complique les choix monétaires de l’Inde
Gouverner c’est choisir. Après avoir opéré une baisse surprise de 75 pb du ratio des réserves obligatoires (RRO) vendredi dernier à 4,75%, équivalente à une injection de 7,3 milliards d’euros, la banque centrale indienne (RBI) a décidé hier de laisser ses taux directeurs inchangés à 8,5%. Si les banquiers centraux estiment que le prochain mouvement devrait être une baisse du RRO, ils restent néanmoins attentistes face à une augmentation des tensions inflationnistes provoquée par l’envolée des cours du pétrole et des matières premières, du déficit budgétaire qui se creuse et de la récente dépréciation de la roupie depuis fin février.
La hausse des prix de gros s’est accélérée au mois de février à un rythme annuel de 6,95%, après avoir touché un point bas en janvier de 6,55%. Néanmoins, l’inflation manufacturière, indicateur avancé de l’inflation sous-jacente, est tombée à 5,75%, après 6,49% en janvier, indiquant que des marges de manœuvre existent pour la RBI.
Une enquête du ministère des finances publiée hier montre que le PIB devrait rebondir à 7,9% sur l’année fiscale 2012 et de 8,6% en 2013, après un ralentissement à 6,1% au dernier trimestre 2011 et moins de 7% anticipés sur l’année. La production industrielle a enregistré un bond de 6,8% sur un an en janvier, contre 2% anticipé par le consensus et après 1,8% en décembre.
La RBI a une nouvelle fois tenu à conditionner la baisse des taux à des efforts budgétaires du gouvernement. Or, les économistes anticipent que l’objectif de réduction du déficit de 5,1% à 4,6% sur l’année fiscale qui s’achève fin mars est inatteignable, et prévoient un niveau proche des 6%. La présentation du budget 2013 aujourd’hui sera un test dans un contexte politique tendu.
Le rendement à 10 ans progressait hier de 4 pb à 8,34% et le taux monétaire à un an de 7 pb, à 8,12%. Et la roupie continuait son affaiblissement à 50,18 contre dollar, mais reste en hausse par rapport au plus bas de 53,71 atteint le 14 décembre. Pour contrebalancer les 13 milliards d’entrées de capitaux depuis le début de l’année qui ont alimenté la hausse de la devise jusqu'à fin février, la RBI a vendu pour 7,3 milliards de dollars sur le marché des changes en janvier, après 7,8 milliards en décembre.
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