Le retour de la dette hybride corporate sur le marché primaire est imminent
Un émetteur néerlandais s’apprête à solliciter les investisseurs. D’autres groupes pourraient ensuite relancer ce marché fermé depuis 2008
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Violaine Le Gall
Le dernier segment du marché primaire obligataire encore fermé depuis la crise du crédit de l’automne 2008 devrait se rouvrir dans les prochains jours. Le néerlandais Tennet prévoit d’émettre de la dette corporate hybride, en complément d’une émission de dette senior. Le montant et le rendement ne sont pas encore déterminés mais les titres seront assortis d’une option de rachat à partir de la septième année et d’une deuxième option à la douzième année.
Accompagné de ses conseils, ING et RBS, le fournisseur d’électricité public doit rencontrer les investisseurs cette semaine. L’opération, notée BBB par S&P et Baa3 par Moody’s, marquera le redémarrage de l’activité sur cette niche de marché, qui a pris son essor en 2005 suite à une évolution de la méthode des agences de notation. Entre janvier 2005 et juillet 2008, 19 milliards d’euros de dette hybride corporate ont été placés au travers de 36 émissions en euros, d’après UniCredit.
Le projet de Tennet a surpris le marché car certains investisseurs ont été refroidis récemment par le sort réservé aux porteurs de dettes hybrides de Thomson, compte tenu de leur rang, suite au défaut de la société. Par ailleurs, les investisseurs ne s’attendaient à un redémarrage des opérations qu’après la publication par Moody’s, en février, de sa nouvelle méthode sur les titres hybrides, qui tiendra compte du fait que ces dettes ne bénéficient pas systématiquement du soutien des Etats.
Mais la solidité de l’émetteur, noté «A-», et la structure de la dette devraient rassurer les investisseurs. «Les coupons non payés s’accumuleront et devront être payés après. De plus, une clause de changement de contrôle pour toute la durée de vie de l’instrument et une clause de remplacement de l’instrument s’il est appelé à partir de la septième année sont prévues», souligne Maxime Paran, responsable de l’origination en France pour ING. Le rendement offert devrait enfin intéresser les investisseurs dans un contexte de taux bas.
Si Tennet réussit son opération, le marché primaire a de bonnes chances de redémarrer. D’autres entreprises, notamment du CAC40, envisagent en effet de placer des titres hybrides, selon plusieurs sources bancaires. «Ces instruments permettent en effet d’éviter de diluer un actionnaire majoritaire tout en renforçant les fonds propres. Ils améliorent aussi la notation de l’entreprise», explique Maxime Paran.
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