Le résultat de l'élection présidentielle polonaise inquiète les investisseurs
La victoire d’Andrzej Duda, le candidat du parti de droite de la Loi et de la Justice à l'élection présidentielle polonaise dimanche fait attendre aux économistes une augmentation des dépenses budgétaires dans le pays et donc une progression de la prime de risque sur les actifs polonais.
«Les résultats du scrutin suggèrent qu’un assouplissement budgétaire est dans les tuyaux en Pologne, à la fois à moyen et court terme», écrivent les économistes de BNP Paribas CIB. Le président ne dispose que de pouvoirs limités en Pologne et ce n’est qu’après les législatives d’octobre qu’une nouvelle majorité pourrait se dégager. Cependant, la victoire d’Andrzej Duda contre le président en place centriste de la Plate-forme Civique, Bronislaw Komorowski, fait craindre aux économistes que le gouvernement actuel ne fasse des concessions budgétaires d’ici à l’automne.
La tendance ne devrait pas s’améliorer si le parti du nouveau président s’impose lors des prochaines élections. Andrzej Duda a promis, entre autres, d’augmenter les allocations familiales ou de revenir sur le relèvement de l’âge de départ à la retraite. Selon les économistes de BNP Paribas CIB, il en coûterait 190 milliards de zlotys à la Pologne entre 2016 et 2020 si le gouvernement tenait ses promesses, ce qui représente 11% du PIB de l’année dernière. Alors que la croissance du PIB devrait être de 3,3% cette année, le déficit polonais devrait représenter 2,8% du PIB, selon les dernières prévisions de la Commission européenne.
«La perspective de déficits budgétaires plus importants pourrait augmenter la prime de risque sur les actifs polonais, déjà évidente sur le marché actions et sur la partie longue de la courbe des taux», estiment les économistes de BPN Paribas CIB. Hier, le taux des titres d’Etat à 5 ans se tendait de 3,2 points à 2,504%. Sur une semaine, l’augmentation est de 16 points de base. La hausse est équivalente sur les titres à 10 ans. La Pologne est notée A2 par Moody’s et A- par Standard and Poor’s et Fitch.
L’indice principal de la Bourse de Varsovie tombait dans le rouge pour la deuxième journée consécutive hier, et reculait de 0,98%, à 2.448 points. Enfin, la devise polonaise perdait encore du terrain face à l’euro hier. Sur trois jours, elle a cédé 1,02% pour atteindre 0,24 euros. «La devise polonaise doit contenir une prime de risque», écrit de son côté l’économiste d’ING, Rafal Benecki, au vu du résultat de l'élection.
Plus d'articles du même thème
-
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française. -
La justice américaine abandonne les poursuites contre Jerome Powell
Cette décision devrait ouvrir la voie à la nomination de Kevin Warsh en tant que prochain président de la banque centrale américaine. -
Argan verdit son financement
La foncière cotée a émis une obligation de 500 millions d’euros assortie d’un coupon proche de 3,8 % et conforme à son tout nouveau cadre de financement vert. -
La start-up canadienne d'IA Cohere rachète l'allemande Aleph Alpha
Cette acquisition, annoncée vendredi 24 avril par les ministres allemand et canadien du numérique, est destinée à donner naissance à une entreprise visant à créer des systèmes d’IA «souverains», alternatifs à OpenAI et consorts. -
Le signal positif de Seb est reçu cinq sur cinq par les investisseurs
Après deux avertissements sur résultats en 2025, le spécialiste du petit électroménager domestique entame 2026 sur une note positive avec des ventes rassurantes au premier trimestre -
PARTENARIAT« Pour les banques, les nouveaux systèmes cloud vont répondre aux nouvelles exigences de marché »
Entretien avec Camille de Mari, Directeur Issuing Data Solutions de Visa, pour la France, la Belgique et le Luxembourg.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- Amundi attribue une rémunération de 2,67 millions d’euros à Valérie Baudson pour 2025
- Axiom AI doit parer aux aléas de toute fusion
Contenu de nos partenaires
-
Milan : Le Salone del Mobile, nouvelle scène stratégique du luxe
Pendant plus de soixante ans, Milan appartenait aux éditeurs italiens. Une scène maîtrisée, codifiée, où B&B Italia, Cassina ou Poltrona Frau dictaient le tempo du design mondial. Cette époque n’a pas disparu — elle s’est diluée. Car désormais, ce sont les maisons de luxe qui occupent le terrain, transformant la Milan Design Week en une extension de leur territoire symbolique. -
G7 environnement Paris : pourquoi le climat a été écarté pour obtenir un accord avec les Etats-Unis
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, experte de la diplomatie climatique, salue des « résultats exceptionnels » après avoir essuyé des critiques sur sa méthode pragmatique -
Blame gameMidterms : Donald Trump et le Parti républicain en eaux troubles
En pleine préparation des midterms, les républicains affrontent une accumulation de mauvaises nouvelles : défaite en Virginie dans la guerre du redécoupage électoral, inflation en hausse et impopularité croissante de Donald Trump