Le resserrement des indices de crédit reprendra véritablement en 2010
Depuis quelques semaines, les indices de dérivés de crédit ne suivent plus de près les marchés actions. La corrélation négative, habituellement observée, semble en effet s’affaiblir à l’approche de la fin d’année. Sur le mois en cours, l’indice EuroStoxx 600 a ainsi progressé de 4% tandis que l’iTraxx Crossover, qui couvre les contrats de protection contre le risque de défaut des émetteurs en euro les plus risqués, s’est légèrement élargi. Les indices de dérivés de crédit pourraient encore s’écarter jusqu’à fin décembre. De fait, les facteurs permettant un fort resserrement des indices iTraxx se raréfient. La demande des opérateurs utilisant des produits structurés sur indices ou mettant en œuvre des stratégies à effet de levier diminue en fin d’année. Par ailleurs, alors que la saison des résultats, meilleure que prévu, avait soutenu les indices, de mauvaises publications macroéconomiques pourraient se traduire sur les marchés par une période de faiblesse, estiment les stratégistes crédit de Calyon. «Cette faiblesse pourrait être renforcée par le traditionnel phénomène d’illiquidité de fin d’année», ajoutent-ils.
Les indices de dérivés de crédit devraient à nouveau se resserrer en 2010, et évoluer de façon opposée au marché des actions. «Le processus de compression des spreads devrait se prolonger pour au moins quelques trimestres», estiment les stratégistes crédit de Société Générale.
Le potentiel est également toujours important sur le marché du crédit cash. Là aussi, le rally s’est tassé ces dernières semaines. L’indice iBoxx Corporates ne s’est contracté que de 6 points de base (pb) en novembre alors qu’il s’était resserré de plus de 60 pb chaque mois entre avril et juillet derniers. Les stratégistes tablent sur un modeste resserrement de 10 à 12 pb d’ici la fin de l’année, des investisseurs vendant des obligations afin de sécuriser leurs gains. «Le rally devrait s’accélérer début 2010 lorsque les fonds investiront à nouveau», ajoute Société Générale.
L’an prochain ne sera toutefois pas sans risque. Les Etats, avec leurs gigantesques programmes d’émissions d’obligations, pourraient encombrer le marché qui risque alors de ne plus pouvoir absorber l’ensemble des titres souverains et corporates, avance Calyon. Dans ce contexte, les rendements des obligations d’entreprises pourraient légèrement remonter.
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