Le repli du yen face au dollar marque une pause
Le dollar/yen a enregistré une très forte progression en février. A 76,2 en début de mois, la parité était remontée à 81,5, son plus haut niveau depuis juillet 2011. Avec l’amélioration de la conjoncture aux Etats-Unis, les taux d’intérêt américains à deux ans se sont légèrement tendus depuis six semaines pour atteindre 0,29%, ce qui a contribué à l’appréciation du dollar/yen.
Les paris des opérateurs de marché ont ensuite conforté le mouvement. Sur la semaine qui s’est terminée le 28 février, les positions sur le yen sur les marchés à terme se sont renversées. Alors que les positions nettes sur le yen étaient encore clairement à l’achat la semaine précédente, elles sont passées à la vente, une première depuis juin 2011. Enfin, les dernières mesures annoncées par la Banque du Japon ont contribué au repli du yen. «Les anticipations des investisseurs d’une politique d’assouplissement à court terme plus agressive de la part de la BoJ ont augmenté significativement depuis l’introduction d’un objectif d’inflation à 1%» fin février, observe Lee Hardman, économiste devise chez MUFJ, pour qui ces attentes seront déçues.
La remontée du dollar par rapport au yen s’est toutefois tassée ces derniers jours, sur fond de légère reprise de l’aversion pour le risque et de stabilisation des taux d’intérêt américain à deux ans. Les spécialistes ne s’accordent pas sur la direction que prendra le dollar/yen. D’ici au 31 mars, qui marque la fin de l’année fiscale au Japon, des rapatriements de fonds réalisés par des entreprises domestiques pourraient soutenir la devise nippone. Toutefois, la performance historique de la parité ne confirme pas le lien, les devises évoluant aussi sur des facteurs plus fondamentaux.
A moyen terme, les avis sont partagés. Le Crédit Agricole CIB voit le dollar/yen à 85 dans un an, notamment en cas de hausse des rendements américains par rapport aux taux japonais. A l’inverse, BNP Paribas s’attend à un repli de la parité à 73 au premier trimestre 2013 et Société Générale à 77. «Un seul facteur joue sur le dollar/yen, estime Ray Attrill, stratégiste change chez BNP Paribas, c’est la future politique de la Fed. Nous prévoyons encore une troisième phase d’assouplissement quantitatif (QE3), donc nous réitérons notre prévision d’une basse du dollar/yen».
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