Le renforcement du dollar complique l’équation monétaire de la Fed
La Fed commence à s’inquiéter de l’ampleur de la hausse récente du dollar. L’indice dollar DXY s’est renforcé de 7% depuis début juillet pour dépasser le seuil des 85 pour la première fois depuis juin 2010. Le billet vert a ainsi rebondi de 8,7% contre euro à 1,27 hier depuis son point bas de 1,3928 atteint début mai, et de 8% contre yen depuis mi-juillet.
«Le dollar traite de plus en plus en ligne avec l’avantage relatif de rendement dont bénéficient les Etats-Unis par rapport aux autres devises du G10», explique BNP Paribas. A 0,58%, le taux 2 ans américain est au plus haut depuis mai 2011 et le spread avec le Schatz allemand et le taux 2 ans japonais est au plus haut depuis mars 2007 et avril 2011.
«Une hausse continue des rendements continuera de soutenir le dollar d’ici la fin de l’année», estime BNP Paribas. SG CIB table sur une hausse supplémentaire de 6%, et Barclays de 8% à horizon six mois. D’autant que la BCE pourrait annoncer la semaine prochaine un programme de rachats d’ABS et de covered bonds de 200 à 400 milliards d’euros, soit une augmentation de la taille de son bilan de 20% à 40% suffisante pour accroitre la pression à la baisse sur l’euro. Côté yen, les inquiétudes formulées par le premier ministre japonais sur l’impact de sa récente chute sur l’économie pourraient limiter la hausse du dollar à 3% d’ici à la fin de l’année, selon SG CIB.
Or, «si le dollar devait se renforcer sensiblement, cela aurait des conséquences sur la croissance. Nous aurions de plus faibles performances du commerce extérieur, moins d’exportations, plus d’importations (…) et une inflation plus faible. Il serait donc plus difficile d’atteindre nos deux objectifs», a alerté William Dudley, président de la Fed de New York, ancien bras droit de Ben Bernanke et représentant des colombes au FOMC.
D’autant que les multiples déclarations de membres de la Fed ces derniers jours ont confirmé les vifs débats qui ont déjà eu lieu au sein du FOMC, dont les prévisions sur le niveau des Fed funds à fin 2016 oscillent entre 0,50% et 4%. Dans ce contexte, «les investisseurs conservent leurs stratégies de carry sereinement, estimant qu’un tel niveau de désaccord au sein de la Fed pourrait entraîner une inaction ou une entrée en action excessivement tardive», explique SG CIB. Ce qui explique les positions courtes spéculatives record sur les Fed funds et les T-Notes 2 ans, et la hausse du dollar.
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