Le renforcement de l’intégration européenne divise Paris et Berlin
La France et l’Allemagne sont encore loin d’être au diapason sur les meilleurs moyens de contrer la crise financière européenne. Les représentants des deux pays confronteront leur positions lors du sommet européen des 28 et 29 juin, alors que le ministre Arnaud Montebourg a dénoncé hier «l’aveuglement idéologique» de la chancelière Angela Merkel.
François Hollande a présenté hier à Mario Monti son projet de «pacte de croissance» pour l’Europe. Il plaide pour que la BCE pilote un fonds de garantie européen des dépôts qui serait abondé grâce à une taxe sur les banques. Lors d’un discours devant le parlement hier, la chancelière allemande a cependant rejeté l’idée d’un mécanisme de garantie des dépôts élargi. Elle a mis en garde contre les «solutions miracles» avancées par ses partenaires, à commencer par les euro-obligations, pour lesquelles Paris demande l’établissement d’une feuille de route à dix ans.
La France souhaite également que la BCE surveille davantage les institutions financières. La position de l’Allemagne semble plus proche sur ce point. Hier, la chancelière a déploré que l’Autorité bancaire européenne n’ait pas su résister aux pressions des Etats lors de la réalisation des stress tests bancaires. «Je n’aurais rien contre donner un rôle plus contraignant, plus fort à la BCE dans ce domaine», a-t-elle déclaré.
Les dirigeants s’opposent aussi sur le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui pourrait être utilisé pour recapitaliser les banques espagnoles. François Hollande souhaite qu’il dispose d’une «licence bancaire», a-t-il déclaré hier, ce qui lui donnerait accès au refinancement de la BCE. La chancelière ne le veut pas. Le président français demande par ailleurs «la possibilité d’un fonds d’amortissement pour les dettes». Cette idée a été suggérée par le conseil allemand des experts économiques, qui plaide pour une mutualisation de la part des dettes d’Etat supérieure à 60% du PIB. Berlin n’a pas clarifié sa solution sur le sujet.
D’autres idées avancées par Paris sont en revanche plus consensuelles. L’Elysée défend le lancement de «project bonds». Les européens ont déjà trouvé un accord sur ce sujet. Lors du sommet du 28 et 29 juin les politiques pourraient aussi s’accorder sur un renforcement du capital de la Banque européenne d’investissement et la mobilisation des fonds structurels non utilisés en faveur des pays en difficultés.
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