Le rendement du Gilt contraste avec l’incertitude économique du Royaume-Uni

A 1,49%, le taux à 10 ans est revenu à quelques encablures de son plus bas historique du 23 juillet, alors que le PIB devrait se contracter en 2012
Patrick Aussannaire

Le niveau du Gilt reste une énigme. Le rendement du taux à 10 ans britannique a baissé hier de 7 points de base à 1,49%, soit à quelques encablures seulement de son plus bas historique atteint le 23 juillet de 1,407%. A titre comparaison, le rendement moyen du Gilt sur les 20 dernières années est de 5,4%. Selon les chiffres compilés par Bloomberg, le Gilt a assuré un rendement de 3,5% depuis le début de l’année, contre 3,3% pour le Bund allemand et 2,4% pour les Treasuries américains. Le rendement de l’obligation souveraine britannique à échéance 2060, obligation à 48 ans, a un rendement inférieur à 3%. Un niveau inférieur au taux 2 ans en Italie et en Espagne.

La capacité d’emprunt de l’Etat britannique contraste cependant avec les inquiétudes croissantes qui pèsent sur son économie. Pour l’heure, Standard & Poor’s a constamment maintenu sa perspective stable sur le AAA britannique, mais Fitch Ratings et Moody’s ont finalement abaissé leurs perspectives à «négatives». «Le AAA britannique est difficile à justifier à ce stade», estime Paul Griffiths, responsable taux chez Aberdeen Asset Management. «En termes d’équilibre budgétaire, il s’agit de l’un des plus faibles pays noté AAA. Une dégradation n’est certes pas imminente, mais elle paraît probable à moyen terme.»

L’économie britannique a encaissé une baisse de son PIB au deuxième trimestre de 0,7%, le plus fort recul depuis début 2009 signant la plus longue «double récession» jamais enregistrée dans le pays. Le PIB est désormais inférieur de 0,2% à son niveau du deuxième trimestre 2010, alors que les économistes doutent de l’efficacité du nouveau QE décidé par la BoE en juillet.

Moody’s a baissé sa prévision de croissance à 0,4% cette année et 1,8% en 2013. Une projection qui semble encore optimiste. En effet, avec un acquis de croissance à l’issue du deuxième trimestre 2012 qui se situe à -0,8%, les économistes prévoient un recul du PIB sur l’ensemble de l’année 2012. Deutsche Bank estime ainsi que, même si la croissance revient et atteint 0,7% et 0,5% aux derniers trimestres, le PIB se contractera de 0,4%, soit une différence de 1,2 point par rapport aux prévisions du gouvernement. La BoE devrait également revoir ses prévisions de croissance à la baisse lors de la publication de son rapport trimestriel sur l’économie du pays demain, selon le consensus des économistes interrogés par Bloomberg.

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