Le rejet d’une série de mesures d’austérité complique la donne pour Lisbonne
Une épine dans le pied du gouvernement portugais. Le rejet par la Cour constitutionnelle de quatre des neuf mesures d’austérité contestées aura des «effets négatifs», a regretté l’exécutif à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire samedi. Au motif d’une discrimination entre salariés du secteur privé et fonctionnaires, la Cour constitutionnelle a censuré la diminution des primes de vacances des retraités et des fonctionnaires et la baisse des indemnités chômage et maladie. Cette décision s’accompagne d’une rétroactivité au 1er janvier, ce qui veut dire que des remboursements devront être effectués. Des paiements pourraient en outre être réalisés sous la forme de bons du Trésor, rapportait hier le site internet du Wall Street Journal.
Des mesures qui devaient permettre à Lisbonne de dégager quelque 900 millions d’euros sur un total de 5 milliards d’euros dans le cadre du budget 2013. Cet effort doit être réalisé à 80% via une hausse des recettes (notamment fiscales), le reste provenant d’une restriction des dépenses. Présenté par le FMI et l’Union européenne comme le «bon élève» des pays sous assistance financière, malgré le dérapage de son déficit en 2012 (à 6,4% du PIB), le Portugal devra mettre au point de nouvelles mesures d’austérité ou négocier avec ses créanciers. Le pays table sur un déficit ramené à 5,5% du PIB cette année après l’assouplissement consenti par la Troïka le mois dernier. Et l’objectif d’un déficit sous les 3% du PIB a été repoussé à 2015.
Cette décision porte atteinte à la crédibilité du pays sur le plan international, alors que doivent se tenir vendredi et samedi à Dublin des réunions de l’Eurogroupe et de l’Ecofin, a déploré Luis Marques Guedes, porte-parole du gouvernement. Lisbonne cherche en particulier à obtenir des ministres des Finances de la zone euro un allongement des délais de remboursement des prêts qui lui ont été octroyés. Dès hier, la Commission européenne a appelé le pays au respect de ses engagements internationaux. Sur le plan intérieur, la situation provoque également des remous. Alors que l’opposition a réclamé des élections générales anticipées, le président Anibal Cavaco Silva a estimé que la coalition de centre-droit disposait encore du soutien nécessaire pour «remplir son mandat démocratique». Le Premier ministre Pedro Passos Coelho a estimé hier soir que la réduction des dépenses publiques constituait le seul moyen de pallier l’invalidation des quatre mesures.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français