Le régulateur suisse doit muscler l’encadrement de ses banques
L’OCDE préconise un ratio de levier plus strict que les 5% imposés actuellement, et le FSB un cadre robuste de supervision avec des moyens suffisants
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Patrick Aussannaire
Doit poursuivre ses efforts. Telle est l’alerte émise par l’OCDE concernant l’encadrement des banques suisses dans un rapport publié mardi. Si l’Organisation reconnaît des progrès «substantiels» au niveau législatif pour limiter les risques liés au secteur financier, elle recommande un relèvement supplémentaire des exigences en matière de fonds propres. La Suisse a porté de 8% à 19% le ratio de fonds propres durs imposé à ses banques. Encore faut-il que «les exigences de fonds propres proposées pour les deux grandes banques soient pleinement respectées», prévient cependant l’OCDE.
Et de prôner un durcissement du levier financier des banques, qui représente les fonds propres rapportés à l’ensemble des actifs, actuellement de 5%. «Il faudrait appliquer un ratio de levier plus strict, supérieur au taux prévu d’environ 5%», ce qui «apporterait beaucoup à la stabilité financière sans grand coût pour l'économie».
Dans la ligne de mire: UBS et Credit Suisse, considérés comme des établissements d’importance systémique (SIB). «La crise a révélé les risques systémiques macroéconomiques et financiers considérables qui se sont fait jour suite à l’échec des SIB et a démontré que les larges pertes de ces institutions n’étaient pas une possibilité théorique», indique le Conseil de stabilité financière (FSB) dans un rapport publié hier. Et d’insister sur le fait que «le renforcement de leur résistance est devenu une priorité clé pour les autorités».
Si le FSB reconnaît que les mesures mises en place vont «bien au-delà des standards internationaux minimums en termes d’exigences en capitaux propres», il recommande un renforcement du traitement des risques au sein des deux grands établissements suisses, ainsi qu’un cadre robuste de supervision au sein des autorités prudentielles avec des ressources suffisantes et une supervision intensive.
Le sujet est décisif pour l’économie helvétique. Le système bancaire contribue à hauteur de 10,7% à la croissance du pays, pèse 6,6 fois le PIB et entre 12 et 15% des recettes fiscales, selon le Conseil de stabilité. UBS et Credit Suisse, présents dans plus de 40 pays, ont chacun des actifs totaux qui représentent plus de deux fois le PIB du pays, et pesaient à elles seules 38% du marché du crédit suisse en 2010. L’OCDE prévoit que la croissance du PIB suisse sera de 0,8% cette année et de 1,9% en 2013, après une contraction de 0,5% en 2011.
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