Le régulateur financier britannique se penche sur les gestionnaires d’actifs

Dans son rapport annuel, la FCA cible notamment les commissions des sociétés de gestion d’actifs et les risques entourant les dark pools.
Patrick Aussannaire

Face à la montée des risques de fraudes bancaires, l’autorité de régulation britannique (FCA) va renforcer son budget de 6% à 479 millions de livres sur 2016. «Nous restons engagés à être proactifs, en cherchant à identifier et à prendre des mesures avant que les risques ne se cristallisent ou prennent de l’ampleur; nous le ferons en émettant des avis sur les grands thèmes et là où nous estimons qu’il existe une information insuffisante pour les clients, une culture, des modèles d’activité ou des incitations insuffisantes au sein des services financiers», a-t-elle indiqué dans son rapport annuel publié hier et dressant ses priorités pour 2015 et 2016.

Les sociétés de gestion d’actifs britanniques seront notamment l’objet d’une attention particulière de la part de l’autorité, et notamment les commissions facturées à leurs clients. «Nous allons entreprendre une revue des listes de commissions pour s’assurer qu’elles restent justes et appropriées, et pour identifier les opportunités d’une plus grande simplification», souligne la FCA. L’adaptation de l’offre fournie par les fonds d’investissements aux besoins des investisseurs sera également passée au crible. Une décision qui s’inscrira dans le cadre d’une large enquête sur le secteur menée dès cette année et qui prendra la forme d’un document de référence.

L’autre grand chantier auquel souhaite s’attaquer la FCA concerne les «dark pools» permettant de vendre ou d’acheter dans l’opacité de gros blocs de titres. «Nous avons répertorié les risques entourant les dark pools. Nous allons continuer à accroître notre connaissance des conflits d’intérêts qui pourraient être inhérents à leur fonctionnement et explorer comment les sociétés les gèrent», indique le superviseur.

Une revue de la politique de rémunération et d’incitations dans les services de crédit des banques de détail sera également entreprise dans le but de limiter les pratiques commerciales favorisant les crédits douteux.

La FCA, qui assure désormais la supervision d’environ 73.000 sociétés financières, a infligé 1,47 milliard de livres (2 milliards d’euros) d’amendes l’an dernier. La grande partie de ce montant provient de l’accord de 1,1 milliard trouvé en novembre dernier avec cinq banques dans le cadre du règlement de litiges concernant la manipulation de taux de change. En début de mois, la BoE avait indiqué avoir signalé à la FCA une quarantaine de cas potentiels de fraudes.

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