Le régulateur des marchés s’émeut de la vente de produits complexes aux particuliers

Selon un rapport de l’Esma, les performances offertes par les Ucits alternatifs et les produits structurés sont relativement faibles
Antoine Landrot

Mieux vaut tard que jamais. L’Autorité européenne des marchés et des titres (Esma) s’inquiète, dans un rapport publié hier, de la poussée de la vente de produits financiers sophistiqués aux particuliers dans l’Union européenne.

L’Esma s’est concentrée sur deux familles de produits: les Ucits (OPCVM européens) qui adoptent une stratégie d’investissement alternative, appelés «Ucits alternatifs», dont les encours sont passés de 20 milliards à 85 milliards d’euros entre 2007 et 2012, et les produits structurés destinés au grand public, dont les montants atteignaient 770 milliards d’euros fin 2012, malgré leur perte de vitesse année après année depuis 2007. «L’enquête a démontré que ces deux produits affichent des rendements relativement faibles, en dépit de leur commercialisation croissance auprès des particuliers», écrit l’autorité.

Le rapport a analysé 600 fonds alternatifs Ucits et 2.750 produits structurés assortis d’une protection en capital, commercialisés à travers l’Europe entre 2007 et 2012. Le verdict est sans appel. Le rendement moyen des premiers atteint 3% mais, «compte tenu de la volatilité de ces instruments, en particulier en 2007 et 2008, les rendements ajustés du risque en utilisant les ratios Sharpe sont proches de zéro», indique les rédacteurs du rapport.

Concernant les produits structurés, leur rendement moyen atteint 2,5%. Un taux plutôt faible compte tenu des risques associés à ces instruments. Parmi l’ensemble des organismes analysés, l’Esma s’est en outre attardé sur un échantillon de 76 produits structurés: elle s’est aperçue que ces derniers sont en moyenne vendus avec une prime d’émission de 4,6% du notionnel. En outre, «une analyse ex-post montre que le rendement des produits proposant une protection du capital d’au moins 100% a été faible relativement à un investissement sans risque».

Malgré ces découvertes quelque peu embarrassantes, les distributeurs de produits financiers ont peu de raisons de craindre la réponde de l’Esma. Celle-ci s’est contenté d’indiquer qu’elle allait améliorer la protection des investisseurs et promouvoir une meilleure information sur le lieu de vente, concernant les coûts réels et les risques associés aux produits complexes.

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