Le régulateur américain des dérivés appelle à enterrer la hache de guerre avec l’Europe

Le commissaire de la CFTC Christopher Giancarlo redoute les conséquences des divergences de réglementations sur les produits dérivés
Solenn Poullennec
Il faudrait que la CFTC renonce à certaines de ses règles les plus problématiques. Photo Bloomberg.
Il faudrait que la CFTC renonce à certaines de ses règles les plus problématiques. Photo Bloomberg.  - 

Les régulateurs américains et européens doivent absolument trouver un accord sur la régulation des produits dérivés sous peine que la «balkanisation» du marché ne menace la stabilité financière, a fait valoir un représentant de l’autorité américaine du secteur, la Commodity Futures and Trading Commission (CFTC).

Européens et Américains se sont engagés lors du G20 de Pittsburgh il y a cinq ans à encourager l’échange des produits dérivés sur des plates-formes réglementées et la compensation centralisée d’un maximum de ces produits. Certaines des règles élaborées par les régulateurs de part et d’autre de l’Atlantique se sont cependant révélées incompatibles. Au point que les volumes échangés sur le marché des swaps de taux entre acteurs américains et européens ont baissé de 77% depuis fin 2013, selon le lobby financier Isda.

«Plutôt que de limiter le risque systémique, la fragmentation des marchés internationaux de swaps et leur transformation en marché régionaux accroît le risque de balkanisation des bassins de liquidité et de formation des prix», a fait valoir le commissaire de la CFTC, Christopher Giancarlo, lors d’une conférence à Genève cette semaine. «J’appelle aujourd’hui à la remise à plat des relations entre l’Union européenne et la CFTC dans l’esprit de l’accord du G20 de Pittsburgh. J’appelle à cette remise à plat pour éviter une guerre commerciale sur les marchés financiers semblable à ce qui a aggravé la Grande dépression», a-t-il déclaré.

Les Etats-Unis ont établi des règles de trading qui doivent s’appliquer dès qu’une des parties à la transaction est américaine. Or celles-ci contiennent des dispositions «qui sont contraires aux pratiques communes sur les marchés financiers mondiaux et peu susceptibles d’être reproduites par d’autres régulateurs», selon le commissaire. D’un autre côté, la Commission européenne ne reconnaît pas les chambres de compensation américaines, ce qui peut dissuader les banques européennes de les utiliser.

Pour en finir avec ces différends, le régulateur suggère que la CFTC renonce à ses règles les plus problématiques. Il encourage par ailleurs les autorités européennes et américaines à travailler ensemble pour faire en sorte que les chambres de compensation américaines soient bien reconnues en Europe.

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