Le référendum écossais s’invite sur le radar du marché des changes
Jusqu’à présent, le marché des changes s’était montré indifférent au projet de référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, le 18 septembre prochain. La donne a quelque peu changé hier, à l’occasion de la publication du dernier sondage YouGov sur les intentions de vote. En laissant de côté les indécis, l’enquête place à 53% la part de l’électorat qui voterait contre l’émancipation de l’Ecosse, contre 47% d’indépendantistes. Les partisans du statu quo restent donc majoritaires, mais l’écart de 6 points entre les deux camps n’a jamais été aussi faible: il atteignait encore 14 points dans la précédente enquête YouGov et 22 points début août.
Si l’interprétation des sondages reste sujette à caution, la publication de ces résultats a provoqué un pic de volatilité sur le pound. La volatilité implicite à un mois du sterling contre le dollar est passée de 5,1% à 6,1% en séance. Même si en valeur absolue, l’indicateur n’est remonté qu’à son niveau de mars 2014, des variations d’une telle amplitude demeurent rarissimes. La devise britannique reculait, elle, de 0,6% face au billet vert, à 1,65 dollar, et de 0,56% face à la monnaie unique, à 1,258 euro.
Sur un an, le sterling affiche cependant une hausse face aux principales devises du G10, signe que les opérateurs se sont montrés jusqu'à présent peu concernés. «Un vote favorable à la sécession conduirait à une incertitude prolongée concernant l’accord d’union monétaire avec le Royaume-Uni, les arrangements institutionnels et la négociation de la dette» assumée par une Ecosse indépendante, rappellent dans une note les stratégistes de BNP Paribas, qui prévoient une hausse de la volatilité sur le sterling d’ici au 18 septembre. Pour Kit Juckes, stratégiste chez SG CIB, une sécession déclencherait immédiatement une baisse de 3% à 5% de la livre sterling. En décourageant les flux d’investissement étrangers vers le Royaume-Uni, le «oui» pourrait faire plonger de 10% le taux de change, pondéré par les échanges face aux grandes devises, estime de son côté Morgan Stanley.
Même si le «non» passe, conformément aux sondages, une victoire étriquée ne mettrait pas fin aux incertitudes politiques. «Elle renforcerait la probabilité d’un scénario de ‘neverendum’, c’est-à-dire d’un débat permanent sur la tenue d’un autre référendum en Ecosse dans les années à venir», craint Michael Saunders, économiste chez Citigroup.
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