Le rééquilibrage de la croissance chinoise bute sur la demande intérieure

Si la croissance du PIB a ralenti moins fortement que prévu au troisième trimestre, elle le doit à un réveil exceptionnel du commerce extérieur.
Patrick Aussannaire

L’économie chinoise ralentit en douceur. Le PIB a progressé à un rythme légèrement plus fort que prévu au troisième trimestre de 7,3%, après 7,5% au deuxième, selon les chiffres officiels. «Si la croissance a été sauvée par les exportations nettes, la faiblesse de la demande intérieure montre que la difficile phase de transition que traverse la Chine ne doit pas être ignorée», estime néanmoins Natixis. La contribution du commerce extérieur à la croissance est ainsi passée de -0,2 point sur le premier semestre à +0,9 point à fin septembre, alors que celle de la consommation a reculé de +4 à +3,5 points et celle de l’investissement de +3,6 à +3 points, selon SG CIB. Dans ce contexte, Natixis anticipe une croissance à 7,3% cette année et 7% en 2015.

«Le risque principal pesant sur la croissance en Chine est le possible deleveraging désordonné des collectivités locales, qui déclencherait un fort ralentissement des investissements, notamment dans l’immobilier», alerte la Banque mondiale. Les ventes de logements ont reculé de 10,9% en un an à fin septembre, et les mises en chantier de 9,3%. Or, l’immobilier représente à lui seul 27% des investissements totaux et 12,7% du PIB chinois, selon RBS. Les autorités ont assoupli les règles sur les prêts hypothécaires et baissé la taxe sur les transactions immobilières.

Parallèlement, la PBOC a réduit une nouvelle fois de 10 pb le taux à 14 jours offert à 20 banques commerciales dans le cadre de sa facilité de prêts (SLF), ce qui a permis d’injecter 200 milliards de yuans (26 milliards d’euros). De quoi faire reculer le taux à 10 ans de 8 pb hier et de 55 pb depuis mi-septembre à 3,7%, son plus faible niveau depuis juillet 2013. Sur le marché monétaire, le taux Shibor à 7 jours est même repassé sous les 3% en moyenne depuis le début du mois pour la première fois depuis mai 2012, après 3,3% en septembre et 3,5% en août.

Pourtant, «sans une baisse du taux de dépôt, les taux de prêts ne pourront être réduits de manière significative», estime Barclays. Une option écartée par les autorités, même si les taux réels sont stables, la baisse de 85 pb du taux 10 ans ayant été effacée par celle de l’inflation de 2,5% en janvier à 1,6%. Un niveau qui devrait rester stable dans les prochains trimestres, selon SG CIB qui s’inquiète de la contraction des prix à la production depuis 2012 qui pèse sur le processus de désendettement des entreprises, mais laisse des marges de manœuvre à la PBOC.

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