Le rééchelonnement du programme d’aide à la Grèce se précise

Les Européens seraient prêts à faire des concessions sur le calendrier. Ils attendent la formation du gouvernement grec
Violaine Le Gall

Nouvelle Démocratie, le parti conservateur arrivé en tête des élections législatives en Grèce, a trois jours pour former une coalition. Les Européens, par la voix de l’Eurogroupe, l’ont déjà prié d’agir au plus vite. La situation est en tout cas plus propice qu'à l’issue des élections législatives de début mai. Une coalition entre Nouvelle Démocratie et le parti socialiste Pasok obtiendrait la majorité au parlement. Le parti de la gauche démocratique pourrait également entrer dans la coalition.

Le premier objectif du nouveau gouvernement sera d’entamer des discussions pour réviser le programme d’ajustement exigé par les créanciers de la Grèce, l’Union européenne et le Fonds monétaire international. La Troïka, qui regroupe le FMI, la BCE et la Commission européenne, se rendra à Athènes dès que le nouveau gouvernement sera en place pour procéder à la première revue dans le cadre du deuxième programme d’ajustement. Athènes est déjà en retard sur les objectifs. Et la détérioration de la conjoncture économique complique encore la tâche.

Les deux parties pourraient se mettre d’accord sur un rééchelonnement du plan. «Nous sommes prêts à discuter du calendrier», a admis hier Guido Westerwelle, le ministre allemand des Affaires étrangères.

Pour les stratégistes de RBS, la Grèce pourrait obtenir une rallonge de deux ans maximum afin de respecter les objectifs budgétaires du plan d’ajustement. Ainsi, selon une source interne à Nouvelle Démocratie, citée par Reuters, Athènes va demander à la troïka d'étaler sur quatre ans les mesures d’austérité prévues pour réaliser 11,7 milliards d’euros d'économies. Une manière de favoriser «un report des efforts vers la fin du programme pour limiter la contraction de l'économie à court terme et, sur ce sujet, il est probable qu’il sera entendu», analyse David Mackie, économiste chez JPMorgan. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a d’ailleurs déclaré hier qu’il existe une volonté de faire plus pour aider la Grèce en termes de croissance.

Dans un premier temps, les concessions sur le calendrier ne nécessiteront pas d’aide financière supplémentaire de la part des créanciers de la Grèce. Mais les économistes envisagent déjà un troisième plan de soutien. Le programme d’ajustement prévoit un retour de la Grèce sur le marché de la dette en 2015, ce qui semble à présent illusoire. Les aménagements consentis par les leaders européens signifieront «plus de financement pour la Grèce, donc des prêts supplémentaires ou une restructuration des prêts publics», préviennent les économistes de BNP Paribas.

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