Le recentrage de Safran devrait lui être bénéfique en 2008

Le redressement opérationnel et financier du groupe lui permet d’afficher son ambition pour ses activités aéronautiques
Yves-Marc Le Réour

Satisfaction manifeste pour Safran. Le groupe a publié mardi des ventes 2007 en hausse sensible de 5,9 % à 12 milliards d’euros, chiffre supérieur à son objectif de 5 % et très légèrement au-dessus du consensus. Cette progression atteint même 7 % à 10,8 milliards d’euros si l’on exclut l’activité haut débit, dont la cession au fonds d’investissement américain Gores Group « à la fin du mois de janvier » a été confirmée. Safran a noté un dynamisme particulièrement fort de ses prises de commandes qui ont atteint 2.704 unités pour les moteurs CFM56, « soit plus de 2 fois les livraisons de l’année ».

L’activité de propulsion a ainsi vu ses ventes croître de 16,7 %, également tirée par les turbines d’hélicoptères et la maintenance, contre une hausse limitée à 2,2 % dans les équipements aéronautiques affectés par les décalages du programme A380 et la faiblesse du billet vert. La branche défense et sécurité a enregistré une hausse de 7,1 % des ventes accompagnée « d’un renforcement des parts de marché ». Malgré une progression séquentielle de l’activité de communication mobile au dernier trimestre, celle-ci marque un recul annuel de 31,5 % en 2007 par rapport à l’année précédente.

Jean-Paul Herteman, président du directoire, a affirmé en conséquence qu’il ne voyait « aucune raison » de modifier son objectif d’une marge opérationnelle supérieure à 5 % pour 2007, précisant que les effectifs en France devraient diminuer de 1.000 postes durant l’année 2008. Afin de rassurer les investisseurs craignant une érosion des marges liée à la faiblesse du dollar, le directeur financier Noël Gauthier a confirmé que sa couverture de changes était assurée cette année à hauteur de 100 % « sur la base d’un euro à 1,46 dollar » tout en indiquant que son exposition au dollar avait progressé de 25 % l’année dernière pour atteindre 4,5 milliards de dollars (3,02 milliards d’euros).

En ce qui concerne les perspectives à plus long terme, « nous pouvons réitérer l’objectif d’un taux de marge (opérationnelle) d’au minimum 10 % à l’horizon 2010 », avait-il affirmé à la veille de cette publication. Avec un endettement net de seulement 160 millions d’euros à fin décembre contre 419 millions un an plus tôt, le groupe n’a donc pas hésité à se dire « prêt à examiner l’opportunité d’acquisitions dans ses métiers de base ». Le marché a bien accueilli cette publication, le titre se redressant hier de 3,4 %.

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