Le récent raffermissement de la livre est lié à la faiblesse générale de l’euro
Giuseppe Maraffino, stratégiste taux chez UniCredit
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Tân Le Quang
L’Agefi : La correction de l’euro/dollar peut-elle durer ?
Giuseppe Maraffino : Les politiques monétaires donnent peu d’indication au marché des changes étant donné que les taux d’intérêts sont sur leurs plus bas aux Etats-Unis et dans la zone euro et devraient y rester pour plusieurs mois. L’euro/dollar est piloté par l’humeur des marchés. Le billet vert profite des périodes où l’aversion pour le risque augmente et est pénalisé lorsqu’elle diminue. Ceci explique la volatilité du taux de change des dernières semaines. A court terme, la parité euro/dollar restera volatile et sensible à l’état d’esprit des opérateurs. Elle se maintiendra sur ses niveaux actuels sans s’engager dans une tendance. A moyen terme, la reprise économique favorisera un renforcement de l’appétit pour le risque qui soutiendra la monnaie unique. Ceci, combiné à une situation budgétaire américaine délicate devrait ramener la parité vers les 1,50 dans un an.
Comment expliquez-vous le raffermissement actuel de la livre par rapport à l’euro ?
La livre bénéficie, elle aussi, de l’amélioration de l’humeur des marchés. Les mauvaises nouvelles (faiblesse de la conjoncture, difficultés du secteur bancaire) sont déjà dans les cours. Même la baisse de la perspective de sa notation par S&P n’a pas eu d’impact significatif sur le taux de change. Le récent raffermissement semble être lié à la faiblesse générale de l’euro. Dans les prochains mois, nous ne voyons pas de raison à un renforcement marqué de la livre face à la monnaie unique et une nouvelle baisse face à l’euro ne semble pas non plus d’actualité. La faiblesse de l’économie et la situation politique délicate devrait maintenir le sterling sur ses niveaux actuels dans les 12 prochains mois.
Les taux longs atteignent des niveaux inédits depuis parfois des décennies aux Etats-Unis, comme en Europe et au Japon, avec une repentification des courbes. La poursuite du conflit au Moyen-Orient fait craindre une inflation persistante tandis que les trajectoires budgétaires ne s’améliorent pas. Le rendement de l’OAT 10 ans a atteint 4,06%.
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