Le récent apaisement de la volatilité actions crée une sensation trompeuse
Il y a maintenant peu à gagner à vendre la volatilité, mais bien plus à perdre
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Daniel Roy, Credit Suisse
La volatilité implicite (VI) de l’Euro Stoxx 50 s’est significativement apaisée. La VI 1 an s’établit aux alentours de 26% contre près de 35% fin septembre. À ce niveau, elle se situe sous la volatilité réalisée (VR) de ces douze derniers mois, elle-même légèrement inférieure à 29%. Ainsi, le marché optionnel escompte une année 2012 plus calme que la précédente.
Techniquement, de nombreux indicateurs soutiennent ce scénario. La VI de l’Euro Stoxx 50 reste chère comparée à celle d’autres classes d’actifs (devises, matières premières, taux). De plus, avec une VR 1 mois de 21%, les stratégies vendeuses de VI ont été récemment profitables. Ce dernier point est très important. Banques et teneurs de marchés sont souvent contraints dans leur activité en fin d’année, tentant de diminuer la taille de leurs bilans. Nous pensons donc que les volatilistes ont plutôt vendu la VI en ce début 2012. En parallèle, nous n’avons pas vu d’empressement des investisseurs institutionnels à racheter la protection échue en décembre, la plus importante expiration du cycle. Les différents intervenants du marché optionnel se sont positionnés pour un scénario de normalisation plutôt que de nouvelle dégradation.
Or la situation macroéconomique semble toujours périlleuse. D’un sommet à l’autre, les autorités européennes n’ont jusqu’alors réussi qu’à ponctuellement endiguer la dégradation. Certes, les investisseurs semblent plus favorablement soutenir le dernier mécanisme (LTRO, injection à 3 ans). Toutefois, il semble aventureux de vendre la VI sur ces niveaux, tant la situation est asymétrique (peu à gagner, beaucoup à perdre). Après tout, la VI 1 an de l’Euro Stoxx 50 est aujourd’hui presqu’égale à sa moyenne des cinq dernières années. Il semble par contre difficile d’arguer que la situation économique et financière soit normale.
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