Le rebond du marché de la titrisation se fait attendre
Les professionnels regrettent le manque de liquidité de certains titres et appellent à accroître la transparence des produits
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Solenn Poullennec
Les professionnels français ne sont guère optimistes pour l’avenir du marché de la titrisation. C’est ce qui est ressorti d’une table ronde sur ce sujet lors des Rencontres des professionnels des marchés de la dette et des changes organisées le 19 janvier à Paris.
La titrisation ne manque pourtant pas d’attraits, a défendu Jean-Baptiste Thiery, responsable Europe solutions et crédits structurés chez Natixis. Sur certaines classes d’actifs, les taux de défaut cumulés et les changements de notes sont restés limités. Le marché reste ouvert au Royaume-Uni et en Europe du Nord pour les RMBS et les ABS adossés à des crédits automobiles ou des cartes de crédit. Mais les grands investisseurs peuvent se compter sur deux mains, selon Jean-Baptiste Thiery.
Les banques sont parmi les seules à animer le marché mais les titrisations ne sont pas toujours assez liquides - elles ne sont d’ailleurs pas éligibles au ratio de liquidité à court terme de Bâle 3 (LCR), malgré de récentes propositions faites en ce sens - et doivent subir d’importantes décotes pour être acceptées au guichet de la BCE. Pour Didier Harnois, responsable de la gestion du collatéral groupe à la Société Générale, les banquiers privilégient donc les covered bonds. Et la titrisation est une réponse pour les classes d’actifs qui ne sont pas éligibles aux obligations sécurisées, notamment les prêts aux PME.
Pour les entreprises, la titrisation est plutôt vue comme un outil de financement à l’heure où il n’est pas évident de recourir directement au marché ou au crédit. Alors qu’avant la crise, «tout ce qui était visé, c’était un allègement des bilans», explique Philippe Messager, directeur de la trésorerie et des financements chez EDF et président de l’Association française des trésoriers d’entreprise. Reste que pour les sociétés, les opérations de titrisation sont complexes et donc difficiles à monter. «Peut-être faudrait-il regarder davantage l’affacturage», suggère Philippe Messager.
Pour faire revenir les acteurs sur le marché, Jean-Baptiste Thiery, estime qu’il faudra offrir de bons rendements, retrouver de la liquidité et renforcer la transparence : «Les investisseurs veulent savoir ce qu’il y a exactement dans les titrisations». Ils sont aussi sensibles à la granularité et la présence d’un gestionnaire de recouvrement mais surtout à la résolution de la crise de la dette souveraine.
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