Le rebond américain se nourrit de la variation des stocks
Le moindre déstockage a contribué pour 3,4 points à la hausse du PIB, qui a atteint 5,7 % en rythme annualisé au dernier trimestre 2009
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Alexandre Garabedian
Les Etats-Unis tiendront-ils le rythme ? La question divise toujours les économistes après la publication, vendredi, d’un PIB supérieur aux attentes en première estimation. La croissance a atteint 5,7% en rythme annualisé au dernier trimestre 2009, contre un consensus de 4,6%, et 2,2% au troisième trimestre. Les économistes se rejoignaient cependant sur la principale explication de ce fort rebond: la variation des stocks.
Cette dernière contribue à elle seule pour 3,4 points à la hausse du PIB, son plus haut niveau depuis 1987. Les entreprises n’ont pas reconstitué leurs stocks sur le trimestre écoulé, mais déstocké dans des proportions moindres que lors des trimestres précédents. Un restockage devrait donc continuer mécaniquement à favoriser la croissance américaine au cours des prochains trimestres.
Tous les autres postes ont contribué positivement au fort rebond de l’économie, des exportations (0,5 point) à l’investissement en passant par la consommation. Mais les bases de la reprise ne sont pas aussi solides que le chiffre du quatrième trimestre le laisse penser. «Le taux d’utilisation des capacités reste bien en-dessous de sa moyenne de long terme, et le rebond de la demande intérieure semble fragile et très dépendant de l’action du gouvernement», rappelle Inna Mufteeva, économiste chez Natixis.
Seule certitude, 2010, année du rebond, sera bien plus favorable aux Etats-Unis qu’en zone euro, dont le PIB agrégé masque lui-même des divergences croissantes entre Etats membres. «Avant même de démarrer l’année, le PIB [américain] dispose d’ores et déjà d’un acquis de croissance de 1,3%. Ainsi, il lui suffit de progresser de 0,7% en moyenne au cours des quatre trimestres de 2010 pour atteindre 3%», note Marc Touati chez Global Equities.
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