Le ralentissement de l’emploi américain donne du temps à la Fed
La Fed a trouvé dans les chiffres des créations d’emplois de septembre une nouvelle justification à sa décision, initialement mal comprise des investisseurs, de ne pas entamer dès septembre le ralentissement de ses rachats d’actifs. L’économie américaine a créé 148.000 emplois non agricoles le mois dernier. Un chiffre inférieur aux 193.000 emplois créés en août, et au consensus de 180.000.
Nombre d’économistes sont confortés dans leurs anticipations d’un commencement du «tapering» repoussé au début 2014 seulement. D’autant que les chiffres pour le mois d’octobre, publiés exceptionnellement dans deux semaines le 8 novembre, risquent d’être impactés par la fermeture temporaire de certaines administrations (shutdown). Aurel BGC estime même que «le secteur privé pourrait indiquer un gel des embauches face aux incertitudes budgétaires». Les chiffres de novembre, publiés début décembre, seront les plus importants pour déterminer si les entreprises américaines ont durablement gelé leurs recrutements.
Dans ce contexte, BNP Paribas table sur un début du «tapering» au plus tôt en mars 2014, à la première réunion du FOMC présidée par Janet Yellen, qui prendra la tête de la Fed fin janvier. D’ici là, l’économie américaine pourra profiter de la faiblesse du dollar, tombé à 1,378 contre euro hier, ainsi que de faibles rendements, avec un taux 10 ans à 2,52%, au plus bas depuis juillet dernier.
Signe positif, les emplois à plein temps se sont envolés de 691.000 en septembre, alors que les emplois à temps partiel chutaient de 594.000. Après être passée au-dessus du seuil des 200.000 en mars et avril, la moyenne glissante sur un an des emplois créés par l’économie américaine se maintient depuis dans une fourchette comprise entre 170.000 et 185.000. Un rythme bien supérieur à sa moyenne de long terme, de 120.000, et qui permet au taux de chômage de poursuivre sa baisse progressive pour tomber à 7,235%, son plus faible niveau depuis le mois de novembre 2008. Mais cette tendance se nourrit aussi d’un taux de participation - le nombre d’Américains prêts à venir sur le marché du travail - en baisse.
A ce rythme, il faudrait moins d’un an pour effacer entièrement les 8,3 millions d’emplois détruits entre février 2008 et février 2010. Pourtant, Natixis ne prévoit pas un retour du taux de chômage sous le seuil de 6,5% identifié par la Fed comme déclencheur d’une normalisation de sa politique monétaire, avant début 2015.
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