Le ralentissement de l'économie chinoise n’est pas sans risque

Le recul de la croissance à 7% au premier trimestre est marqué par la poursuite de la correction immobilière et l'érosion du commerce extérieur.
Patrick Aussannaire

L’économie chinoise paye le prix de son rééquilibrage. La correction du marché immobilier et l’érosion du commerce extérieur ont entraîné un nouveau ralentissement de la croissance du PIB chinois à un rythme annuel de 7% au premier trimestre, après 7,4% sur 2014. Les reculs des ventes de logements et des mises en chantier se sont accentués à un rythme de 9,8% et 20,8%, avec un ralentissement du secteur manufacturier à 10,5%, alors qu’il progressait à un rythme de 20,6% mi-2013.

«Si nous pensions que le ralentissement était lié à des facteurs temporaires, le mois de mars a confirmé cette tendance et la demande intérieure continue de se détériorer à un rythme inquiétant», ajoute SG CIB.

Natixis voit néanmoins des signes encourageants de la transition de l’économie souhaitée par les autorités, le secteur des services étant désormais le principal moteur de la croissance. La production dans les technologies de pointe a accéléré à un rythme de 11,4% supérieur à celui de 7,8% de la production totale. «D’un côté, les secteurs en déclin (industrie lourde) ont été généreusement arrosés en crédits bancaires ou par le shadow banking, avec une montée du risque de crédit. De l’autre, le risque déflationniste a maintenu les taux réels à un niveau élevé et rendu l’assouplissement monétaire moins efficace», indique Natixis.

La nouvelle baisse du taux de prêt de référence de 25 points de base par la banque centrale (PBOC) en février a eu un impact limité à 12 pb sur le coût de financement des entreprises depuis fin 2014, à 6,83% fin mars. Les crédits aux entreprises ont en outre chuté à 730 milliards de yuans, et les émissions obligataires sont restées faibles à 69 milliards. Si les crédits bancaires totaux accordés en mars ont progressé de 12,4% à 1.180 milliards, ils sont inférieurs à leur moyenne de janvier et février de 1.306 milliards. Cette hausse n’a en outre pas permis de compenser la chute des prêts hors bilan, avec un recul des crédits agrégés totaux («Total social financing») de 170 milliards.

«La PBOC ne devrait plus attendre pour assouplir à nouveau sa politique monétaire», estime SG CIB. Le marché du crédit est resté sous tension, avec plusieurs défauts symboliques depuis le début de l’année, dont celui du promoteur immobilier Kaisa. La dette des sociétés high yield chinoises représentait 35,5 fois leur résultat courant annuel en 2014, au plus haut depuis 2004, avec un spread moyen sur ces obligations qui reste élevé à 842 pb, selon Bloomberg.

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